CHAPITRE I. igS
dans Moscou cacher son épouvante : il y rappelle même son fils. Au moment de tout perdre, il semble ne vouloir rien exposer de ce qui touche à sa personne.
Mais les prêtres , le peuple , ce fils lui-même , indignés, éclatent en murmures: Pourquoi les a-t-il surchargés d'impôts sans payer au khan son tribut ; et lorsqu'il a attiré l'ennemi au sein de la patrie , pourquoi refuse-t-il d.e combattre pour elle ? 11 vient , dit-il , demander aux évêques et aux boyards leur avis ; mais ceux-ci lui répondent ' : Convient-il aux mortels de redouter la mort? On veut en vain fuir sa destinée; marchez courageusement à l'ennemi, voilà notre conseil !
Quant à son fils , loin de lui obéir . il s'écrie ; Ç)u il attendra les Tatars de pied ferme; qu'il préfère mourir à son poste plutôt que d'imiter l'exemple de son père.
Ainsi repoussé par la clameur générale vers son armée, le pusillanime autocrate y revient glacer toutes les ardeurs ; une seule peur en-
I Par la bouche de Vassian, archevêque de Rostof. f^. Karamsin , vol. VI. page i83.
chaîne tous ces courages, ^foscou apprend que son souverain , tremblant derrière un fleuve * qui le sépare du danger , marchande un reste de honte , qu'il négocie son déshonneur ! Peutêtre \a-t-il s'abaisser avec la Russie jusqu'à baiser rétrier du INIongol ! Alors : Touché par nos larmes y lui crie le métropolite , vous étiez reparti pour combattre l'ennemi des chrétiens y et vous implorez la paix de cet impie qui méprise votre prière ! Ah! Seigneur y a quel auis prêtez-vous donc V oreille ? N'est-ce pas jeter votre bouclier et prendre honteusement lafuite ? De quel degré de grandeur descendriez-vous ? J^oulez-vous livrer la Russie au fer , a la flamme, et les églises au pillage? Et oàjiiiriez-vous? Planei^ez-vous comme l'aigle? Irezvous établir votre nid au milieu des étoiles ? Le Seigneur vous précipiterait de cet asile même ! Non , vous ne nous abandonnerez pas ; vous rougirez du nom de fuyard et de traître à la patrie !
]Mais rien , ni ces vives exhortations , ni les nouveaux renforts qui accourent de toutes
• La Loum'a.