‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 1 sur 359 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

L'empire de Russie a 368,ooo milles carrés, de quinze au degré : 100,000 milles en Europe; plus de 245,000 milles en Asie, et le reste en Amérique*

Cet empire se compose de la moitié de l'Europe et du tiers de l'Asie; il est la neuvième partie de la terre ferme*

Son sol européen est couvert de cinquante-huit millions d'habitans; sa partie d'Asie, de deux millions; sa partie américaine, de cinquante mille : c'est en tout soixante millions d'âmes *, ce qui, ne donne encore par mille carré, qu'environ cent soixante-un habitans.

Dans cette population, et en Europe seulement,

* Les statistiques, jusqu'à Fan 18 19, ne portent guère la population totale de la Russie, au-delà de quarantensix millions d'âmes; mais en 1822 Balbi l'a fait monter à cinquante-quatre millions;

Hassel, en 1825, à cinquante-neuf millions deux cent soixantetrois mille sept cents ;

Malte-Brun, en 1826, à cinquante-^neuf millions au moins.

Il est vrai que Yeydemeyer vient, en 1828, de la faire redescendre à cinquante-trois millions ; mais les calculs de Balbi et de Hassel ont répondu d'avance à cette dernière évaluation , qu'ils jugent fautive.

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on distingue deux millions et demi de Finois^ moins de cinq cent mille Teutons et Scandinaves , et cinquante millions de Slaves , dont quatre millions de Polonais.

On assure que le sol russe serait susceptible de nourrir cent cinquante millions d'habitans , et que sa population s'accroît annuellement d'un demimillion d'âmes.

Les monts Ourals , le fleuve du même nom , et la grande chaîne du Caucase, séparent sa partie d'Asie de celle d'Europe.

Partie d'Asie. Le sol de la Sibérie penche vers la mer Glaciale , et y verse ses eaux ; cette inclinaison, et l'élévation de l'énorme plateau où ses fleuves naissent , sont les deux principales causes de la rigueur de son climat.

Sa superficie est d'environ sept cent mille lieues carrées , dont les deux cinquièmes seulement sont susceptibles de culture. Le sud-ouest est remarquable par sa fertilité; mais au nord du soixantième parallèle, et à l'est de l'Iénissei., toute culture cesse ; sans doute parce que le grand plateau de la Mongolie, domine d'une hauteur égale à celle des Cordilières, cet espace désolé cpi'il resserre contre le nord , qu'il y expose, et qu'il place ainsi entre deux glaciers éternels, le sien et celui du pôle.

Des monstres huileux remplissent les deux mers de cette triste contrée; d'énormes bancs de poissons font déborder ses rivières; ses plaines, ses

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