CHAPITRE V. i
liance. Maximilien veut- il séduire son ambition du titre de roi, lyyan déclare fièrement : Quil ne *Beut s'abaisser à recewir de titres d'aucun prirwe de la terre y et quil ne relève que de Dieu seul.
C'est alors que les boyards russes perdent l'antique droit de passer de son service à celui des autres princes encore apanages. Et quel boyard, quel prince du sang russe , s'estimerait désormais assez grand pour ne pas s'humilier devant l'éclat éblouissant de cette maje;sté souveraine? Déjà, tous viepnent s'y confondre, s'y anéantir, s'hoiiorant, tels que des grands de Byzance, d'entrer dans les rangs de sa domesticité. Aussi , y disparaissent-ils entièrement , et n'ont-ils plus de consistance que par ces places sèrviles qu'il multiplie.
C'est depuis cette époque qu'ils ont commencé à considérer comme héréditaires ces rangs civils , militoires et domestiques, et à se disputer la préséance; mais qu'ils osent s'en prévaloir contre ses ordres , alors , ôtant à leur vanité cette dernière ressource, il leur déclarera quils doiifent se soumettre sans murmure aux volontés de leur souverain y et que toute place est bonne pour le servir.
Cependant, après la mort de son fils aîné, issu d'un premier mariage, ces grands ont élevé, dit-on , leurs intrigues jusqu'au pied de soi^ trône, pour en assurer l'héritage à l'enfant de ce prince regretté ;
i86 LIVRE IV.
on ajoute cpie ces dignes aïeux des boyards de Pierre-le-Grand calomnièrent leur czarine grecque mère d'un second fils, en haine des commencemens de civilisation qu'elle protégeait, et de ces étrangers qu'elle avait introduits.
Ce qui est certain , c'est qu'Iwan , trompé , disgracia d'abord cette princesse, mais qu'ensuite, mieux instruit , il lui rendit sa faveur ; on croit même que ce fut pour conserver ses innovations , qu'il institua le fils qu'il avait d'elle son héritier, au préjudice de son petit-fils , qu'il fit emprisonner pour toujours. Iwan ne voulut pas laisser après lui ce ferment de discorde; dans cette circonstance, et comme le fit plus tard et bien plus cruellement le régénérateur de la Russie , il sacrifia tout à k raison d'État , d'un État dont il s'était fait l'âme , et qui n'en devait avoir qu'une seule.
C'est alors que Pskof ose réclamer, en Êiveur de la branche aînée , contre l'héritier qu'il se donne. Mais lui : Ne suis-je donc pas libre d'en a^ir comme il me plaît y répond-il fièrement; je donnerai la Russie à qui bon me semblera ^ et je vous ordonne dobéir.
Quant aux boyards mêlés dans ces intrigues, leur rang , jusque-là respecté, ne les préserva pas : accusateurs comme accusés , ils furent successivement victimes de la crédulité du prince ou de sa vengeance. La «Russie, muette d'étonnement , vit pour la première fois tomber plusieurs de ces têtes