CHAPITRE VII. 25i
' Jusque-là , dans ce rapprochement , tout est à l'avantage de la Russie quant à la concentration du pouvoiï*, et conséquemment à la force : mais ici la balance se dérange. D'abord, ces deux dynastiesonisse et polonaise , sont heureusement peu fécondes; chacune ne produit successivement qu'un seul héritier au trône ;- mais la première jusqu'en 91 5 seulement, et la seconde jusqu'en iiSy; en sorte que les partages de la Pologne entre les Piast ne coûimencent qu'un siècle et demi après ceux de la Russie entre les Rurick. Cela donne aux Polonais sur les Russes, une supériorité qui a pour résultat la prise plusieurs fois répétée de Rief , et celle des provinces du sud de la Russie qui relèvent de cette capitale.
A cet abaissement des Russes, causé par leurs querelles intestines, ajoutez Técrasement de leur empire sous les Tatars : d'où vient l'affranchîesement de la Lithuanie , jusque-là sous le joug des Rurick. Cette contrée, après s'être agrandie des débris des Russes , se réunit à la religion et au trône de Pologne, dans son premier prince chrétien Jagellon , tige de la seconde race polonaise ; réunion qui prolonge jusqu'au règne du père de Pierre-le-Grand, la supériorité des Polonais sur les Russes.
U faut croire aussi, que. plus près de la civilisation^ la Pologne en recueillit la première le& avantages.
25î LIVRE V.
C'est pourquoi^ son ascendant Temporte jusque vers la fin du quinzième siècle. U lutte même encore, quoiqu'on fléchissant quelque peu^ contre l'autocratie d'Iwan-le-Hrand; et bientôt cet ascendant se montre plus remarquable que jamiais sous Etienne Battori^ et surtout à la chute de cette grande dynastie des Rurick^ qui finit a^ec le seizième siècle.
La Pologne triomphante y pénètre alors jusque dans Moscou y au trayers des déchiremens de la Russie 9 et par des causes à peu près semblables à celles qui lui avaient livré Kief en 1018.
Mais cette suprématie durera peu; c'est une dernière lueur que jetera de ce coté le génie de la Pologne. Bientôt son flambeau pâlira devant l'édat des armes d'Alexis^ et, cinquante ans plus tard^ il passera aux mains de Pierre-le-Grand, pour s'éteindre y avant la fin du même siècle y dans celles de Catherine IL
Ainsi y la Pologne a long-temps l'avantage sur la Russie; mais malgré ses grands hommes^ malgré la généreuse et fière élévation de son génie national , et son audacieuse et héroïque valeur, c'est une supériorité accidentelle, dont la plupart des causes sont hors d'elle; qu'elle ne tire pas de sa politique, de la nature de son gouvernement ; qu'elle ne doit pas à sa position géographique.' Elle la doit aux querelles intestines des R.ùsses, à l'écrasement de ces rivaux par les Tatars ; comme encore au bonheur