‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 145 sur 359 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

suite si étonnante de grands hommes et la durée de leurs règnes; ce Rurick, fondateur de l'empire; cet Oleg^ cru magicien^ tant il est puissant et in-* faillible^ et dont la lance ^ coupée dans les forêts du Ladoga^ va s'enfoncer dans les portes de Byzance; cette Olga , digne régente entre tant de guerriers si remarquables, mère de Swiatoslaf, l'Achille russe, saeule de ce Vladimir-le-Grand , conquérant de la Crimée et de la Livonie; qui porte, en 988, la Russie gothique à son plus haut degré de puissance , la fait chrétienne, et commence sa civilisation; enfin, cet laroslaf, son premier législateur, qui en soutient encore le poids informe jusqu'en io54.

Néanmoins, toujours surpris de l'immense et soudain développement de l'empire de ces Varègues russes, on en a cherché de -nouvelles causes dans leur attachement exclusif pour leurs princes du sang de Rurick; dans ces gardes si dévouées, organisées hiérarchiquement et si bien exercées ; dans leur tactique , leur discipline et leurs armes de fer, si supérieures à celles des Slaves. On l'a encore attribué à leur religion , toute guerrière , à ce génie des conquêtes qui enflammait alors tous les Normands ; enfin , a ces incursions insupportables des barbares nomades du Sud. Us ont obligé Kief d'appeler à son secours les barbares du Nord; cette grande ville du Sud a préféré les princes varègues , qui envahissaient pour s'établir, aux nomades orientaux , qui n'aspiraient qu'à piller et à détruire.

a6o * LIVRE VI.

Qui de nous pourrait alors être surpris que^ cx>iiuiie tous les protecteurs armés, ces Normands soient devenus maîtres? L'appréciation de leurs forces par leur réunion, sous un seul chef héréditaire, a d'ailleurs fait ressortir la faiblesse des Slaves, divisés en petites peuplades indépendantes, et Gonséquemment sans chef et sans ensemble. De là , cette prépondérance des uns et la soumission ai prompte et si générale des autres; sans oublier la politique souvent habile des premiers princes russes avec ces Slaves, dont ils descendaient par leurs mères. Elle se montre dans leurs soins à protéger les Slaves contre leurs Varègues, et enfin à confondre ces deux peuples dans un même nom , celui des vainqueurs; dans une même langue, celle des vaincus; dans une même religion, celle du Christ; et sous un même drapeau, dont alors le mot de ralliement , plein d'attrait, était le pillage de Byzance.

A ces causes de la fondation et du miraculeux agrandissement de la Russie gothique, on a joint celles de sa décadence, ou sa division en apanages : d'où naissent , dès la mort de Vladimîr-le-Grand , d'horribles guerres civiles ; le sac de Kief par les Polonais , vers i o 1 8 , et plus tard le bizarre et fatal usage de la succession entre firères et d'oncle à neveu:, qui remplace la succesdon directe.

De là encore, et malgré les vertus de Vladimir Monomaque et la politique d'André , un redouble-

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