CHAPITRE I
Maintenant^ où se placer pour envisager d'un seul coup d'œil cette longue suite de causes et d'effets ^ pour n'en discerner que les plus éleyës, pour en saisir la chaîne principale d'où les autres dérivent 9 où tous se rattacl^ent; enfin ^ pour arriver, de sommité en sommité , jusqu'à ce créateur de la Russie moderne, cet être si colossal, qu'il semble que toute l'histoire (de tant de siècles ne sok cpe Favant-propos de sa grande vie?
On a vu l'histoire sainte de ces peuples qui les £iit descendre de Japhet, et leur histoire antique qui fait de la partie européenne de l'empire de Russie, l'immense théâtre des grands débats de l'ÂMe centrale et du nord de l'Europe ; sur ce vaste champ d'une lutte à la fois si grande et si obscure, on a entrevu l'Asie envahir plusieurs fois l'Europe, et l'Europe, à son tour, l'emporter trois fois sur l'Asie.
Alors, en 862, paraît le grand Rurick à la tête de ses Varègues; il fonde l'empire russe. Quelcpies éclairs de son génie percent jusqu'à nous, et l'on entre d'un pas moins incertain dans la première période de cette histoire ; l'attention se fixe d'abord sur ces Varègues russes, pirates Scandinaves de la mer Baltique , et sur leur position par rapport à la grande Novgorod, d'où résulta la réunion volontaire ou forcée de cette ville slave du Nord, la plus populeuse et la plus riche, à ce peuple varègue, le plus brave , qui occupait ses principaux débouchés.
C'est de là que , pareils aux six mille Franks de Clovis , on voit ces Varègues russes , sous le grand Oleg , s'étendre sans s'afiàiblir, et couvrir tout à coup, de leurs armes et de leur nom, une grande partie de l'énorme étendue actuelle de la Russie d'Europe.
A un tel phénomène , il faut de grandes causes. La réunion de la peuplade normande, la plus guerrière, à la peuplade slave, la plus conunerçante, ne suffit point ; aussi , a-t-on alors remarqué , comme second principe de force, la coilcentration du pouvoir dans la main des premiers descendans de Rurick; elle est l'effet d'une succession entière et directe , attribuée à la Fortune russe, qui, pendant le premier siècle de cette dynastie, semble n'avoir donné successivement qu'un seul héritier à ch,acun de ses Grands-princes.
Ceci observé, nous avons ensuite admiré cette