CHAPITRE II. a
grands et des ministres y lé tyran n^ëcrasa les uns que pour en élever d'autres; il n'abattit ses proches autour de sa couronne, que pour en rapprocher des étrangers; et sa dynastie, réduite à un enfant ^ s'éteignit dans son sang conune par jses propres précautions. Ainsi , l'on vit , ce qui arrive souvent, le succès d'un principe en amener l'abus, et cette branche, entraînant toute sa tige, tomber par ce qui l'avait élevée.
Quelque rapide que soit ce coup d'œil, jeté en passant sur cette première race, que termine à peu près le règne d'Iwan IV, on s'arrête glacé d'horreur à la vue de cette monstrueuse époque. La multiplicité d'êtres féroces de toute espèce dont la nature a peuplé le monde, est inexplicable sans doute , et pourtant on n'ose lui imputer le monstre moscovite. Qu'on en accuse plutôt, une seconde nature née au milieu de grossiers excès , d'insolens complots , d'effrontés assassinats , dont, les grands ont entouré et outragé l'enfance de ce tyran; il semble qu'ils aient pris plaisir a dresser et à exciter contre eux-mêmes, le tigre qui doit un jour les dévorer. Au travers de sa marche sanglante et désordonnée, on aper-* çoit, il est vrai, l'impulsion de cette politique héréditaire, qui, après avoir abaissé les princes apanages par les Tatars et par la haute noblesse, écrase cette haute noblesse par la petite. Mais l'aveugle rage avec laquelle Iwan s'acharne sm^ les