‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 149 sur 359 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sola^ dit-on^ de la troisième. Pourtant, dans Tune comme dans l'autre ^ des prédécesseurs dignes de lui durent lui apparaître; il dut les voir dans les grandes ombres des Alexandre Newsky, des Iwan Kalita^ des Dmitry Donskoï, comme dans celles du grand Iwan lU et du féroce Iwan IV, qu'il cita trop peut-être.

Reconnaissant leur génie à son génie, il put les observer s'avanicant , l'un * le fer, l'autre ' l'or à la main; un troisième % lâche comme l'Octaye romain, maifi habile comme lui, armé de toutes les forces que donne une politique patiente, machiavélique, persévérante; et tous, enfin, marchant invariablement vers un même but, celui de la concentration de tous les pouvoirs dans leurs seules mains»

En même temps , il dut voir l'Asie se désunir de plus en plus ; et, pour la troisième fois, une même cause amenant un même résultat , les Russes soumettre les Tatars, comme ceux-ci avaient subjugué le^ Russes, et les Russes les Slaves.

C'est en enyisageant ces deux périodes, qu'on a insisté sur les grandes conséquences du principe de la concentration du pouvoir. Oi a dit comment il put, seul, triompha: d'une anarchie de princes, ainsi qu'à la même époque ce même princi^

* Dmitry Donskoï.

• Iwan Kalita.

« Iwan m.

domptait^ dans le reste de l'Europe , une anarchie de seigneurs. Aussi ^ lui a-t-on attribué le rétablissement de la succession directe au lieu de la succession entre frères ; celui de la paix intérieure; la conquête de Kasan et d'Astrakhan , celle de la Nord-Asie, les reprises de l'empire sur la Lithuanie et la Livonie; enfin, l'éclat du trône russe, qui d^à brille assez pour attirer les regards et les arts de la chrétienté à travers ces espaces glacés, et malgré cette double barrière de haine religieuse et politique, dont les Porte-glaives et les Lithuaniens l'environnent. Déjà le règne de ]Pierre-le-Grand se prépare, et le grand Iwan III arrachant à la barbare Asie l'empire russe renaissant, l'attache par les liens d'une habile et fière politique^ et a l'aide de la crainte commune qu'inspire le Turc , à l'Europe civilisée.

Mais ici , le héros de la deuxième djmastie russe , cet admirateur intéressé de Fabsolu pouvoir, ne s'est-il point égaré? S'est-il avoué que, dans sa marche ascendante, ce pouvoir concentré, s'étant débarrassé de toute entrave, dépassa son but; et que, s'autorisant des moeurs imprégnées du joug tatar, il devint, sous Iwan IV, un despotisme atroce, destructeur de tout ce qui l'entourait, de ses grands, de sa propre famille et de lui-même? Car enfin , Dieu seul a sur tout et à la fois une puissance immédiate; mais comme, au contraire, il faut toujom^s au despote le plus niveleur des

Page 1