‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 152 sur 359 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

Cependant, la mort d'Iwau IV et la chute de sa race ne terminent point la quatrième période ; on y doit joindre les temps de confiision qui suivirent; leiu* honte ne doit point appartenir à la seconde dynastie : résultat des fureurs d'Iwan lY^ pourquoi ^parer de Fépoque où vécut ce monstre , ces quinze années de corruption ^ d'horreur et de dissolution qu'il laisse après lui? longue et dégoûtante décomposition du cadavre d'un tyran!

C'est en yain qu'il a voulu se survivre. De ses trois fils 9 le [H^mier fut seul capable^ et il l'a tué de sa main dans un accès de fureur ; le second y Fœdor^ est un de ces êtres souples, dociles, comme il en faut à ces tyrans, mais aussi tellement incapable, qu'Iwan est forcé de le léguer, avec cette puissance autocratique dont il était si jaloux, à un conseil de ces grands, qu'il n'a pas pu tous écrasa.

Toutefois, son attente trompée^ quant au tyran, ne le sera pas en tyrannie; ces grands vont se disputer ce pouvoir, tellement fsiit de yiolence et de despotisme , que le.plus astucieux et le plus méchant de tous, sera seul capable de ^^n saisir et de le conserver. Boris Godounof est cet ambitieux»

Une coutume orientale qui autorisait les mésalliances des princes avec leurs sujettes , a fait de ce Boris , de ce descendant d'un Calmouck , le beaufrère de Fœdor, dernier souverain de la race de Rurick; czar débile qui ne peut vivre, et dont le frère et l'unique héritier, l'infortuné Dndtry, n'est encore qu'un enfant.

Ainsi, la couronne de Rurick est à la portée du fils d'un Tatar. D l'isole, et quand, par la calomnie , par l'exil , par le poison , le traître s'est fait place , il se trouve si près du trône que , pour y monter, il n'a plus qu'un crime à commettre. C'est alors que le malheureux Dmitry, relégué dans Ouglitch, y est assassiné, et que cette ville entière, témoin et dénonciatrice du meurtre, est détruite, comme si elle en eût été la complice*

Le cruel sait à la fois commettre un crime tout entier, et en attendre les résultats. Il laisse vivre l'imbécille Fœdor, et, régnant glorieusement en son nom , il prétend recueillir , de l'amour et de l'admiration des peuples , le fruit de ses attentats. Dans cette même année, où il a tué l'unique héritier du trône , il a profité de la sordide ambition d'un évêquc grec devenu l'esclave des Turcs, pour acheter de lui le droit de créer en Russie un patriarche, qui doit un jour lui rendre couronne pour couronne.

Cependant , les grands , qu'il ne peut tromper, ont été écartés ou écrasés par la terreur; la petite

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