CHAPITRE IV
terrègne : ils avaient commencé dans Boris. En y jetant un dernier regard^ remarquions que ce Tatar naturalisé^ ne crut avoir légitimé son usurpation qu'après s'être fait élire par des États-généraux; cpie peu après^ Chouisky^ prince du sang de Rurick, mais d'une autre branche que celle de Moscou ^ est monté sur le trône et en est tombé, sans que son origine soit entrée pour rien dans son élévation ^ sans qu'elle ait arrêté sa chute , sans que lui-inéme ait songé à l'invoquer pour prendre ou retenir la coiux)nne : il ne repoussa même pas le nom d'usurpateur, dont il fot écrasé parce qu'il ne s'était point fait élire par la nation. On ne daigna seulement pas le faire périr. Singulier discrédit dans lequel étaient tombées toutes ces branches de la première race; quand, au contraire , le premier imposteur^ qui s'était dit de celle de Moscou, avait trouvé, sur-le-champ des armées entières de dupes.
Et réellement , il semble que déjà l'origine de toutes les autres branches fût oubliée , soit jalousie des czars de Moscou, aidés de celle d'une noblesse de seigneurs contre une noblesse de princes ; soit effet du niveau du despotisme dans lequel s'était eifacé depuis long-temps toute autre distinction que celle de la faveur ; soit enfin que les noms de famille n'éjtant point encore en usage, les filiations latérales Aissent inaperçues , ou comptées pour peu.
Mais, avant d'entrer dans la cinquième période
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de l'hbtoire russe ^ remarcpions encore que scm prunier prioce ue fui; élu^ cpi'après de loiu^es et orageuses discussions dans une. assemblée nationale^ composée non seulement de boyards , mais d^en£ins de boyards^ et de députés des marchands et des bourgeois des villes.
Le serment qui lui fot alors dicté en porte l'em-^ preinte; Mikhaïl Romanof jura devant les boyards : u qu'il protégerait la religion > qu'il pardonnerait (c et oublierait tout ce qui était arrivé à son pèœ ; w qu'il ne ferait aucune nouvelle loi, ni ne chau* « gérait les anciennes, et que, dans les afiaires haor i< portantes y il ne déciderait rien par luinoiéme , « mais que tout ferait jugé seloil les lois et la forme u ordinaire des procès; qu'il n'entrerait en guerre « ni ne fettiit là paix avec ses voisins de soii propre « chef; que^ pour paraître absolument désinté- « ressé, et pour éviter tout procès avec les parce ticuliers, il céderait ses biens à sa famille, ou (c les ferait incorporer aux domaines de TÉtat, » Strahlenberg ajoute qu'Alexis, à son avènement, jura d'observer ces mêmes conditions.
Au reste, ces formes, quelque vaines qu'elles soient, sont remarquables; non parce qu'elles con^ sacrent mi droit qui n'a pas besoin d'elles, mais parce qu'elles le rappellent; et aussi parce qu'ellea prouvent que , même sur le sol le plus favorable au despotisme, une charte qui donnerait un pouvoir entièrement absolu à un monarque, paraîtrait si