LIVRE VI. — CHAPITRE IV
despotisme atroce d'Iwan IV semble avoir détt*uit tous les liens de patrie , de famille , de rdigion , surtout chez les grands : ceux sur lesquels sa tyrannie a pesé le plus; la plupart^ il est yrai^ créatures et jouets de son caprice^ hommes nouveaux, sans règles ni taesvare^ sans haUtudes ou préjugés y sans tradition enfin , qui. ailletit à leur situation noùyelk.
Les uns signent dans Moscou même FàsserTisae* ment de leur patrie à la Pologiie j; une foule d'autres •assiège la tente du prince polonais^ non pour conl-^ battre cet ennemi de leur patrie y mais pour lui demander eflronténient^ an nom de leur trahison y la dépouille de leul*s compatriote^ restés fidèles. Les Suédois sont maîtres de NoTgorod^ les Polo-^ nais de Moscou : c'est un désordre effroyable.
Mais au milieu de cette subversion totale, là religion est restée seule debout et inTariable; dani les etmemis dé la patrie, elle a reconnu les siens; ses prêtres ne peuvent s'y méprendre : leur foi est entière , leur devoir évident , leur intérêt direct; Au milieu de cette conflagration universelle, il semble que l'esprit rdigienx qui les anime soit comme une atmosphère, un élément à pari, ex-^ dusif de tout m^ange : dans lequel ils vivent, hors duquel ils sentent qu'ils ne peuvent exister; tout est corrornpu, tout tombe autour de ce noyau, qui seul reste à découvert entier et incorruptible.
Cette époque, si honteuse k toutes les classes
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de la nation y est celle de la plus grande gloire du clergé russe. Quand tout le reste, à peine échappé aux chaînes de l'Orient, se courbe devant celles dé l'Occident, lui seul résiste contre la trahison domestique et Finyàsion étrangère, par des héros, par des martyrs; montrant ainsi que l'indépendance nationale , que l'esprit de parti , que même celui de caste, peuvent quelquefois transiger, et jamais celui de secte.
Cependant la Russie est si dégradée, qu'on dédaigne sa couronne : aux yeux des rois de Suède et de Pologne , elle n'est plus un empire , mais une proie dont ils ne veulent que les lambeaux.
Enfin, en 1612, on en est arrivé à ce point où les nations sentent qu'elles n'ont plus de salut , qu'en elles-mêmes, où l'excès de l'adversité met les hommes k découvert, où la nécessité distribue les rangs. Il y avait là cent fois plus de calamités qu'il n'en fallait pour produire un grand homme ! Aussi s'en élève-t>-il de toutes les classes de la nation : Minim pour le peuple; Pojarski pour la noblesse. Le clergé continue à donner les siens; parmi eux, s'élève Romanof : deux fois martyr pour sa patrie dans les fers polonais, pendant neuf années, ce métropolite en confesse inébranlablement l'indépendance , et la Russie reconnaissante choisit son fils pour empereur (i6i3).
Cette élection marque la fin de la quatrième période, et de ces quinze ans d'illégitimité ou d'in-