CHAPITRE V
signal* d'une grande guerre , et c'est alors que le czar en a remis la décision aux notables de son empire. •
En même temps ce prince saisit toutes les occasions de se rattacher aux cours de FEurope. Il secourt Charles II dans sa disgrâce^ l'envoie complimenter à sa restauration sur le trône d'Angleterre ; toutefois , il rejette le traité désavantageux au conunerce russe que Garlisle vient lui proposer. " "^
En même temps , le martyre du célèbre Nikon par les Novgorodiens toujours insensés , son exaltation au patriarchat, ses innovations ^ ses écrit» illustrent ce règne qui, dit-on, se ternit de sa disgrâce.
Enfin , malgré les révoltes du peuple, devenues sensiblement plus fréquentes depuis l'interrègne, déjà l'autorité de cette seconde race est établie. Son mouvement ascendant est même si bien donné , que Fœdor, fils et successeur d'Alexis, tout faible qu'il est de corps et d'esprit, arrache encore les Zaporogués à la Tiu'quie , par trois ans de guerre , et aux nobles russes leurs vaines prétentions, en brûlant tous leurs titres.
Mais dans la gloire et la puissance incontestée» et s? rapidement croissantes, de cette seconde race,
' Conformément au serment qu'il prêta à son avènement. — V', Manstein.
» F, Spada, Éphàne'rides rttxses.
a88 LIVRE VI.
comme dans toutes les affaires des hommes , la part de la fortune est considérable. Voyez en effet , ainsi qu'au temps de la fondation de l'empire par les Rurick) et de sa restauration par les princes de Moscou : voyez reparaître et briller encore cette étoile qui préside k l'établissement des grandes dynasties. La Russie épuisée et mutilée veut d'abord un long rcgnede paix, non pour en jouir, mais pour se préparer k reconquérir ses anciennes frontières sous un long règne tout guerrier : eh bien ! non seulement les deux premiers Romanof naissent avec des dispositions conformes k ces besoins; mais l'uii règne trente -trois ans, l'autre trente et un; et toutes les conditions de douceur, de patience, de sagesse pour l'un; d'habileté et d'audace pour l'autre; de longévité, de modération, et d'k-propos pour tous lés deux, wnt remplies. Lé sort semble même n'avoir négligé, aucun détail; celui qui devait être pacifique , a les dehors convenables ; le second qui doit être un conquérant, est d'une stature colos^ sale 9 imposante, et déyi victorieuse.
Rien plus, des trob fils que laisse ce guerrier, un seul est un grand' hommie , mais c'est le dernier. Eh bien ! il arrive que, pendant l'aifance de celuici , le premier, prince ordinaire, meurt après un rè^e court; il arrive encore que le second est tellement incapable de régner, que ses sujets n'en tiennent, compte; il arrive, enfin, que sçs deux aînés meurent sans enfans mâles : de sorte qu'au