‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 167 sur 359 · LIVRE VII. — CHAPITRE II. agg · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE II. agg

Ces lumières e^iropéetines, jusqae-Ik trop faiUe$

peat-être pour percer de si loin, et au travers

d'une nuit si épaisse, croissaient al(»s, et jetaient

chaque jour un plus vif édat.

Enfin, dans l'intervalle qui sépare les deux dynasties russes , l'Europe elle-même n'était-^Ie pas venue jusqu'au cœur de la Russie? Il avait donc fallu s'en défendre , et , pour cela , se retourner entièrement vers l'ouest , y fixer toute son attention ; et puisque la guerre y était un art, s'instruire, se civiliser, afin de lutter à armes égales.

D'autre part , le campement des Turcs dan^ Gonstantinople, forçait une partie de la chrétiaité d'appeler la Russie à son secours : ainsi, de quelque façon , hostile ou autre , que l'Europe lui montrât ses lumières, la Russie, désormais forcée de combattre ou de négocier à leur clarté , devait s'en éclairer. L'Asie ne fot donc plus qu'un accessoire dans sa politique; et comme elle avait été asiatique sous tes Rurick , elle tendsdt à devenir européenne sous les Romano£ ,

Toutefois, jusqu'à Pierre-le-Grand, les princes de sa dynastie n'ont vécu que d'qmprunts laits à 1^ civilisation, et n'ont pu la rendre indigène; leurs efibrtsont été indécis, inexpérimentés, inhabiles; ils ont été faits sans plan , sans suite; ils ont avorté devant un orgueil national. ign<H^nt, opiniâtre, supa:*$titîf9ux , qui n'a ployé qu'à regret spus la nécessité d'emprunter à l'Europe, non le germe

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de ses arts, mais seulement quelques uns de leurs résultats. Ces timides essais d'industrie et de commerce, froissés et'étouâës, se sont perdus au milieu de ces peuples rudes et grossiers. Dans cette contrée fortement empreinte des moeurs stagnantes de FÂsie , la puissance de l'habitude a combattu victorieusement celle de la nouveauté.

Quelques corps de cavalerie étrangère venaient, il est vrai, d'être organisés* ; mais ceux-ci vivaient épars et méprisés dans une armée sans solde, sans uniforme , irrégulière , et ce commencement d'organisation sous Alexis, avait disparu sous sou successeur. C'est pourquoi les Romanof n'avaient pu que conserver les conquêtes des deux Iwans sur les Tatars. Ce n'était qu'en profitant d'une grande faveur de circonstances qu'Alexis venait de triompher des Polonais. Quant, aux Suédois , un effort infructueux avait dégoûté de les combattre.

Depuis le seizième siècle , l'empire n'avait donc gagné que vers la Sibérie; du reste, le cours de l'Oural marquait à peu près sa frontière : Astrakhan d'une part , Kief de l'autre , et le$ cosaques, qu'une même religion , l'intolérance polonaise , et leur haine contre les Tutcs , venaient de donner à la Russie, étaient ses.incertaiiïes et dernières possessions vers le sud; à l'ouest, le Dnieper et la Dwina; au nord, Pshof , Novgorod, ruinées par le

' On avait compté devant Smolensk, dans l'armée russe d'Alexis, sept régimens organisés à l'européenne.

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