‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 189 sur 359 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le domame pav ses confiscations. C'était là un choix bien digne d'un prince^ qui vient encore d'instituer des commissions militaires pour des causes civiles ^ récompensant y sollicitant la rigueur des juges, par le don des biens-fonds des condamnés, dont'lui'mém£ se résen^e le mobilier.

Aussi, es^^e à ce bourreau qu'il vient de confier son inquisition d'état^ tribunal de sang, infernale ini^ention de son père ou de lui-même. Désormais, sur ce seul cri, Stoi^o-i^-délo ^ du dernier de leurs escla/^es, tous y grands ou petits, pourront être précipités dans d'horribles cachots. Qu importe que le délatear^y soit enchaîné près de sa victime ; que même il soit d'abord soumis à trois tortures : s'il persiste dans sa dénonciation, n'est-ce point alors au malheureux dénoncé, à subir à son tour cette infâme et atroce épreuve ?

Mais ce prince n'en tient compte. Plus absolu que tous ses ancêtres, il ne respecte rien, nifi>nd, ni formes; il monopolise dans sa main ande tout le commerce, d'où vient la ekute de plusieurs de ses branches. Voilà comme il usurpe tous les droits, comité il détruit jusqu'à cette^ ancienne formule des ukases : Lb conseil des boyards ordonne, malgré le serment du trône, exigé de son aïeul : De se soumettre aux liois, ds ne rien décider

d'iMPOUTANT , ET Dfi If£ FAIRE AUCUNE LOI . NOU- VELLE y SANS l'adhésion DES GRiWNPS DE l'ÉtAT.

Car rien n'échappé à son despotisme inflexible .

34o LIVRE VIII.

Il s'étend sur tous les usages; il rue lui suffit pas dCui^oir renié la forme nationale des vétemens; il faut encore que ses indignes satellites^ placés en embuscade aux portes des villes, osent mutiler, jusque sur des boyards mêmes, ces robes majestueuses, héritages de leurs ancêtres. Quelle est donc cette cinlisation qu apporte une si grossière brutalité ? On na égard ni aux difficultés, ni à la dépense, ni au temps nécessaire aux ouvriers, comme aux maîtres, pour prendre de si étranges habitudes. Enfin, jusque dans Astrakhan , ses lieutenans, exécutant tjrranniquement , comme ils le font toujours, ses ordres despotiques , et préférant r habit à r homme, ont fait voir une réwlte, une guerre ciçile, et une grande destruction d'hommes, pour une forme devetemens.

Les enfans de ses plus chers généraux, les nes^eux même dApraxin ne sont-ils pas condamnés aux traifoux des mclai^es, pour açoir préféré une instruction à une autre ?

Oest ce tyr€m qui vient encore défaire des milliers de soldats, de cette foule de nobles domestiques, dont jusque-là leurs grands hoyards marchaient en^^ironnés. Son ençie leur a arraché ce noble entourage, cet ornement de leur dignité, ce seul soui^enir qui leur restait, de ces gavdes, jadis, attachées à leur personne»

Autrefois, leurs paysans n étaient requis quen temps deguerre, et pour quelques mois par année:

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eaiJQurdhui ils leur srmt enleihis à jamais pour cette armée permanente a^ec laquelle leur czar les opprime. Leurs jeunes boyards eua^^mémes! dans quel état de dégradation vientril de les précipiter? qui deux fut jamais appelé à la défsnse de la patrie y autrement que pour un temps limité? Jusque-là y quand songeort-on à leur prescrire leurs vétemens et leurs armures ? qui jamais eût osé les faire marcher autrement quà la tête des milices des "BÎUeSy de leurs gardes ou de leurs vassaux? Eh bien I il faut désormais que^ sacrifiant leurs plus bdles années , seuls et revêtus d'un uni^ forme d^ hérétique , ils aillent s'abaisser et se confondre^ un mousquet à la main^ dans les derniers rangs de cette armée.

Oest là que y soumis è un apprentissage ^ jà une discipline insupportables ^ et commandés par un Mentzïkof ou quelque autre esclave par^^enu : ou, ce qui est plus réi^oltanty par d'odieux étrangers y ils ne pourront regagner une position moins indigne quà force de peines. Et pourquoi?' Pour sentir ce tyran qui vient de les frustrer de la perception des impôts publics! Cet impie qui ose prétendre chan-^ ger le cours que Dieu a donné aux fleuves l ce païen qui a porté une main sacrilège jusque sur leurs barbes y sur ce symbole de leur foi aux anciens patriarches ! Sainte imitation de leurs saintes images ! dépouillés de ce signe vénérable ^ à quoi leur saint patron reconnaîtra-t-il désormais son

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