‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 200 sur 359 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

la forme des contrats, où, jusque-là, les parties n'étaient le plus souvent désignées que par des sobriquets. Il institue des collèges; fonde des manufactures de draps; l'activité de son génie qui embrasse tout, s'efibrce de naturaliser en Russie les bétes à laine de la Saxe ; il appelle encore du fond de l'Espagne des vignerons; enfin, il attire de toutes parts des artistes, des forgerons, des artisans de toute espèce^ et afiranchit ainsi son empire, jusque-«là tributaire de l'Europe pour ses moindres instrumens métalliques.

Gàarles n'est pas moins actif; tous deux sont également tenaces , mais avec deux buts tout opposés, l'un d'utilité, l'autre de vaine gloire; de sorte que les efforts, qui fortifient l'un , épuisent FauU^e.

Le premier, paraissant ignorer qu'um chef risque autant à étt'e .méprisant que méprisé, parcourt, pendant huit ans, la Pologne et la Saxe où il n'a que faire, tandis qu'il laisse à des lieutenans, le soin de défendre ses propres États, ces ports de l'Ingrie et de la Carélie, où tendent tous les efforts de Pierre-le-Grand. Il marche en homme qui dédaigne son ennemi; l'autre, en homme qui l'estime, l'observe, exerçant les siens aux lumières nouvelles pour eux , qui jaillissent des armes de son rival, et s'essayant, aux dépens de ce maître de guerre, à profiter des leçons qu'il en reçoit.

Aussi, dès les premières années, Scheremetef , Mentzikof et Pierre lui-même, sont plusieurs fois

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vainqueurs. Derpt et Marva sont prises presque à la fois^ et de la main du ezar^ qui court de l'une à l'autre^ dirigeant les travaux du génie et de l'artillerie. Au sac de Narva, ce n'est qu'en perçant plusieurs de ses propres soldats de son épée , qu'il est parvenu à arracher cette ville à leur emiiort^ ment. Mais lui-même n'a pu contenir le sien. A la vue du comte de Hom, commandant de la ville, qu'on lui amène prisonnier, il s'élance , le frappe au visage , et s'écrie : Cest toi ^ toi seul qui es cause de tant de malheurs? Ne deumS'^tupas te rendre , étant sans espoir de secours ' ? Puis jetant son épée sur une table : J^ois ce sang, ajôute-tr-il^ il n est pas suédois, il est russe; cetie épée a scuwé les malheureux hahitans de cette ville que ton en^ tétement aiHut sacrifiés.

' F. Stœhlta.

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