‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 202 sur 359 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lieaes du point où Pierre-le-Grand avait placé la sienne.

Mais en Saxe comme eh Pologne^ tout a été. abattu sous l'épée du Suédois. C'est alors qu'à son orgueil naturel, Charles XII ajoute celui de la victoire, cette fatale présomption, ivresse des victorieux , efiet ordinaire des hommages et des soumissions qui les environnent.

Son mépris pour les Russes s'est augmenté de la prudence du Czar, qui lui a fait of&ir la paix. Il ne la signera^ dit-il, que dans Moscou. Pierre, sans s'émouvoir, répond i Mon frère Charles veut faire V Alexandre; mais il ne trouvera pa^ en moi un Darius. Et il le prouve d'abord, en parcourant, non seulement son empire , mais encore toute la Lithuanie , et en disposant tout pour une défense opiniâtre.

Cependant, Charles, que gonfle l'orgueil de Narva , partage d'avance entre ses officiers les dignités de l'empire russe. Son fouet, dit-il, suffirait pour chasser cette canxdlle moscovite, non seu" lement de Moscou, rruds du monde entier. *

Il daigne enfin marcher lui-même contre ces vaincus. A Grodno, un heureux coup de main accroît son assurance. Plus loin, une lutte opiniâtre et sanglante au passage d'une rivière', au

' V, Lederc.

*' Combat de la Bibitch contre Scheremetef , Repnin et Mentzikof ( i4 jttiUet 1708).

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lieu de la modérer, exalte son ardeur. Après Mohilef 9 dès son entrée sur les terres de la vieille Russie, un échec que fait éprouver G<4it«n à son avant-garde l'irrite ; il s'expose; et une surprise de partisans, où il est près de succomber sous des lances de calmoucks, ne l'éclairé pcnnt. Il semble qu'à Dresde, ses excès de puissance aient af&îbli son jugement ; qu'il soit aveuglé par le sang tout filmant encore de Patkul, et que, pour s'être fait un dieu de lui-même, le vrai Dieu se sent retiré de lui.

Enfin, quand d^ Moscou tremble ^ quand la Suède espère toucher au terme, il trompe les craintes amemies, l'espcnr des siens; ce fier sok^ dat, dont jusque-là tous les coups portaient au cœur, se détourne vers le midi sur une foi nomade j il abandonne ses renforts pour errer au Imu dans le vague des déserts, sans guide, sans aj^uî, et comme entraîné par la fatalité.

A cette vue inespérée, ne craignes pas que la jote de Pierre aille se heurte^ imprademmenft contre l'ivresse victorieuse du Suédois qui s'égare. Il n'a pour alliés que les défauts de son adversaire; mais il sait que , de tous, ce sont lés plus sta^ et les plus utiles : ils lui suffisent; ce sont eux^ surtout qu'il laissera agir. Il attendra qu'ils aient livré son rival aux déserts, à la famine, à l'hiver qui s'approche : lui s'ajoutera à ces fléaux. Mais tous ses coups sont mesurés : entreprenant à propos, comme il

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