‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 206 sur 359 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

mtMttCîons que trois charge de cauro et de petites eartues % se trouvaient enT^oppés par deux cwt cinquante mille Turcs et Tatars y et dam la néam^ site de périr ou de se rendre.

lie dernier jour qui s^nblait devoir rester à h ikifisie nouvelle^ venait de finir; Pierne avait peidu tout espoir; et, se sentant saisir de œs cciivul^iifl nerveuses, suite des extàs de ^ jeunesse et des ter-* reurs de son enfance, il se dérobait à tous les r^^ gards, et cachait au fond de sa tente le double mal qui le dévorait* Mais que l'envie ne se ivresse point il qi^^ique abattu que soit le grand homxm > tout C€» qui va sortir de cette tente sera grand encore. Cette rade adversité manquait k la gloire de Pierre : il saQcd>le , qu'en le dépouillant quelques instans de sai toute-puissance, elle l'ait mis à nu, comme dans un combat singulier, pour nous le montrer ^nd de sa propre grandeur, et dominant encore un tel eiceès d'infortune.

En effet, dans cette extrémité rien ne s'abaissa en lui. Se croit-il sans ressouiroe? Il ordoime qae& se pn^ntre à un ef&rt désespéré^ et dicte pour ^o» sénat cette admirable instruction : De ne poinâ perdre €Our{ige$ de ne songer qu'au bien ei 43Ui salut de V État y sans apoir égard aux ordres quel* conques quon pourrait arracher à sa captivité; de le remplacer même sur le tréne et par le plus digne ^

' V, Bruce.

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si le bien puUic V exigeait, abdiquant d'ojiHMnce et pendant qu'il était libre encore, un empire sur lequel il n aidait voulu régner que pour en faire le bonheur^. Mais voici qu'une chance de salut se présente. Dans ce péril extrême , Catherine .seule ti'a point désespéré. Elle seule ^ malgré la défense la plus menaçante , a osé pénétrer sous la tente du C2ar ; elle lui a arraché l'autorisation de demander au yisir une paix invraisemblable j et l'a fidt ob^ tenir. La contenance déterminée des Rtisses^ en a appuyé la proposition; d^à même les principales conditions en sont convenues; mais il s'agit encore pour le czar, ou de périr, lui, son armée, et cette civilisation des Russes qui lui est si chère; ou de livrer au Tatar et au Turc victorieux un léger* tribut , et ce Cantémir, ce Grec transfttge , cause de sa détresse.

C'est au souverain d'un pays où le nom mém.e de l'honneur était, dit-on, inconnu, que cette alternative est proposée. Vous qu'exalte la vraie gloire, quelle que soit la langue qu'elle parle , écoutez sat réponse : T abandonnerai plutôt aux Turcs tout le terrain qui s'étend jusqu'à Kursk; il me restera Vespérance de le recouvrer; mais la perte de ma foi est irréparable, je ne puis la ^violer : nous norvons de propre que l'honneur; y renoncer y c'est cesser d'être monarque ! Voilà, comme à son tour,

' y, le Siècle de Pierre-le-Grand,

CHAFITRB III. 375

oe grsttiâ homme ^oniie à ses maîtres. d'£m*ope, uxt exemple dont Um avaient besoin, et plu& grand, sans doute, que tous ceux qu'il en avait reçus.

Cependant, Tangarock, Azoph, la mer Noire, ses flottes, ses ports, ses chantiers de construction, sont ou idbandonnés, ou livrés au Turc victorieux* Mais, comme aux temps de Narva, ce terrible évé-r nement et les sacri&res énormes qu'il entraîne, n'éhfaiilent pas le génie de Pierre. Ce qui reste de lui marche au même but. C'est encore , c'est toujours pour assurer à ses sujets un débouché sur une mer civilisée, qu'il achève de terrasser le parti suédois dans la Pologne % dont il ne réclame p^s même une indemnité; qu'il chasse Steinbock de l'empire germanique *, fait prisonnier ce général avec son armée, rançonne Dantzick% s'eçipare de Stettin, conquiert la Finlande, et fait franchir à ses galères un isthme de onze cent cinquante toises ! L'amiral suédois, Erenschild, maître de la mer, voit naître subitement une flotte ennemie au milieu de la sienne; lui et ses vaisseaux de haut bord, sont pris k l'abordage par les galères russes , dans un combat acharné où Pierre se montre à la fois, le plus intrépide soldat de son armée, le pilote le plus expérimenté de son escadre, et son plus habile amiral.

Enfin, lorsqu'ensuite un orage est près d'engloutir les vainqueurs et les vaincus , il se dévoue ,

i'ji LITRE IX.

se jolie dafns une barqne sur une mer fixrieiise^ au Irarers d'me obscurité profiM^e et de mille rea-^ cifs i il lutte ainsi pendEUfit deuat lieues zoarines^ gagne un port , allmife un fenal, et saure toulé sa victoire. Pëtershoorg vit alors un nouveau triosb^ plie. Pierre n'y voulut paraître qu'à son rstng de eOHtre**aimral , comme il avait combatio; on le vit passer, dai^ la ibule> devant Romodanov^kjy sa soumettant à lui présenter publiqwmeot le rs^iparl du combat et à répondre à ses questions. Ce fat de m^e, et avee toutes les fcnnaies du respect^ qu'il en reçut le grade de vice-amiral y sur b demanda d'Apraxin; puis il remercia ce générai , dans ¥me lettre remarquable , en ce qu'elle était évidemment éonnée pour modèle k ses sujets.

Alors 9 redevenant czar : Mes frères, dit-il ma, Russes qui l'entouraient , qui de vous, il y a trente OM y eût pensé que vous construiriez un jour m^ec moi des vaisseaux sur la Baltique^ que nous êle» serions uf%e vUle dam cette contrée , conquise par nos travaux" et notre valeur, et qu'il naîtrait du sang russe, tant de combattons victorieux et d'habiles navigateurs? j^uriez^vous prévu que tant d'hommes instruits, d'ouvriers industrieux, i£ta^ tistes distingués, viendraient des différerUes parties de l'Europe , faire fleurir les arts dûaïs notre patries que nous imposerions tant de respect aux puissances étrangères; que tant de gloire, enfin, nous était réservée ?

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