LIVRE IX. -^ CHAPïTRE V
et jusqu'aux ririère»^ de bâthnetis de tonte espèce y exigés des riches de toutes les classes. 11 a votthi que ses sujets &a deiinssetit les pilotes et les matelots. C'est encore pourquoi , afin de rendre marin le peuple méditerrané qu'il a transplanté dans Pé^ tersbourg, il ne jette pas de pont sur la Newa* Il Teut que les nouveaux habitans de ses rives ne puissent traverser ce fleuve dai^ereux que ckns des barques à voiles , et bientôt tous ^ au risque de leur vie, apprendront k les gouverner.
Il n'a point écouté les plaintes de toutes ses autres pttydnces sur une position si lointaine pour une capitale : distance ruineuse qui va allonger à l'excès tx>utes les communications administratives et judi^ cmires.
Vainement encore ses boyards lui ont montre ce sol ingrat et pourri ,• ce climat sauvage où l'hi** ver règne huit mois par an , où le seigle est une culture de luxe, une ruche à miel une curiosité} où la vie est plus chère que sur tout le reste du continent; et cette Newa , toute de glace pendant quatre mois , si inégalement profonde , que les vai»* seaux de guerre lancés à Pétersbourg ne peuvent la descendre que sur des chameaux , et qu'il &ut des allèges à ceux du commerce pour la remonter ; enfin , ce port de trois cents vaisseaux, il est Vrai , mais dont la sortie, obstruée par des sables et des rochers , est si dangereuse et n'est possible que par de certains vents fevorables.
. Pi^re ne tient compte de tant de: graves ineonvéniens, non plus que de ces eaux trop peu salées , qui Tont oorroVnpre si promptement ses flottes; ni de cet, arbre solitaire où rerpérience avait mar« que la hauteur des dernières inondations , et qu'il fait abattre. Prophétisant l'avenir par le passée ce témoin importun montrait. à tous les yeux y qu'un ouragan de Fouest de quelques heures, refoulant les flots de la Newa, suffirait pour engloutir cette cité nouvelle 9 élevée sur pilotis au-dessus d'un marais sans fond.
. Eh ! pourquoi 9 s'il s'obstine au choix d'une po* sition si excentrique pour une capitale ^ ne préfèret-il pas ces hauteurs toutes voisines? Là, pourront s'élever, sans danger, les palais, la plupart des ëla* Missemens publics; et si telle est la passion imitatrice de leur tzar pour cette Hollande sa première institutrice, qu'il lui en faille .à tout prix une représentation, qu'il prolonge alors, s'il lui plait, cette ville haute jusqu'au fleuve, par une ville basse, où il pourra calquer Amsterdam et ses rues commerçantes , que forment des canaux contenus entre un double quai?
Mais devant la grande pensée du tzar, qui ambrasse le monde, tout doit céder. Ces obstacles ne sont "à ses yeux que des difficultés de détail. Les trois plus importantes parties du globe, l'Europe, l'Asie et l'Amérique convergent vers le pôle nord, ou semblent y prendre lem^s racines. La Russie,