CHAPITRE V
placée au point de réunion de leurs méridiens^ participe de toutes les trois ^ ou du moins y touche et semble être leur origine. Pierre a envisagé ce grand ensemble : il a conçu la vaste pensée de profiter de cette position géographique, d'en tirer tous les avantages possibles. Il veut faire de l'empire russe, jusque-là relégué à l'extrémité de l'Europe, et qui en était presque inconnu, celui de tous les États du monde , qui soit en rapport le plus immédiat et direct avec ses trois parties les phîs riches ou les phis civilisées.
Et qu'on ne dise pas qu'on aime à prêter aux hommes de génie comme aux riches. N'est-ce dont point lui qui, dès le commencement et à la fin de son r^ne, a tenté par des négociations et des conquêtes, de rapprocher la Russie de la Perse, et même de l'Inde et de la Chine? N'est-ce pas encore lui qui, deux fois, a fait reconnaître le point de contact de la Nord-Asie avec l'Amérique? C'est avec des instructions écrites de la main même du grand homme, que Behring va tenter ce fameux paissage auquel il a donné son nom. Voilà comme, par ses conquêtes sm^ la terre, les eaux, les hommes, il veut docmer à ses États, la jouissance de trois mondes. C'est par les fleuves, les lacs, les mers qtû sillonnent, ou cernent son empire , et par des canaux «et des caravanes, qu'il tente d'établir ces grandes communications. Et c'est dans leê marais de b Newa, au tond du golfe de Finlande, que
soD re^rd d'aigle a yu le point de réunion de ce grand ensemble ^ le nœud où tout doit se ratta* cher. Ce port 9 sur la Baltique 9 est le fin» raj^roché du Volga f de cette grande artère du odbase russe. Là, pourront se réunir les eaux de l'Eurcqpe à celles de l'Asie, et a^ec peu d'effî>rts peut-élre, celles des mers Blanche et Glaciale , et même o^es d'Amérique.
Ainsi le choix du tzar est réfléchi. Ce n'est point l'emportement d'une pi^emière posseasicm tant désirée, ni l'empressement ou la précipitation d'un jeujue conquérant à jouir de sa conquête» D'autres ports ont été tentés* ReTel est l'un d'eux, mai& il est tn^ peu sûr; la nature vainement combattue à Rogerwick par d'immenses travaux, est restée msuk tresse. C'est pourquoi, à Pét»*sbourg, tant d'eflbrts, tant de sacrifices, et pourquoi il rapporte tout à œtte création. Trésors, commerce, noblesse , peuple, cenU-e de gouvernement, il y attire, appelle, ee^ traîne et fixe tout. Sa volonté, loin de s'affîiiblir, s'acoroit en marchant. Il se gardera bien d'âoîgner d'un seul pas ses grands étabtissemen», de ces marais fétides. II y faut des palais pour y établir et y conserver des chaïunières , des sénateura, des. grands de sa cour et lui-même , pour y fixer des majrchauds et des matelots. U faut là toutes les séductions > toutes les attractions de la puissance,, pour dhaii^ ger en un peuple marin un peuple méditerrané; pour maintenir au milieu de cetle nature repous-
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sânte, des bommes de moeurs antipathiques ^ d'fasH< bitudes contraite»^ de préjugés ennemi ; et pour les contraindre à e# long ^ obscur et ineartrier combat contre des élémens encore mdins rebeDes cpx'eax^ mêmes.
Aussi ^ estK^ sur ce point le plus rapproché de la ciTili^tion , et Gonsécpiemment du comfiieroe à» l'Europe 9 qu'il établit sa résidcaiGe, non par nm palais^ ùomine Mentzikof^ mais par les instittttidns et tous les établissex»en6 d'utilité pdblique d'tme grande câpitak» Dé^à le marais infect H désert- à disparu sous cbs quâis y sous, une atflittiuté 5 &n$i des collèges^ des écoles militaires, des palsii» d^ justice où siégeait des cours d'appel ; sotis de» tirîr^ bunattx de commerce ^ composés d'étrangers et de nationsKOx; enfin ^ sous des fabriques d'armes;^ de toile, de draps ^ de tapisseries, et jusqu'à des £Hatures d'or, d^argent , et des manufactures dâ soies , de glaces et de velâPûrs.
Pour siTacher ees éutU^semen», et }i»qiï'ifux maindrefi maisofia dé bois, aun incendiées, il ûéime l'exemple du détournent, il veirt: même em^mt une place secondaire d'officier de poliee« Dam ^t etatpk>i a£t il surveille les antres, on l'a xn ciMk:*ir s«u- des poutres enfldmoaéesl Pour préderT^«iËi tillè BOUTelle, il moMre cbaque joctr nine audaœ , une abnégation de hii'^méme égale à l'ardeur et à la té* mérité, aTCc laquelle, dix'^huit ans plustôt^'il en a
Sga LIVRE IX.
arracbé aux Suédcns la place inlecte et inhaUtable. Constance reiaiaFq[iKd)leI qualité pr^nière des grands liommes de toute espèce qui, partout où ette se troiiye, impose et commande le respect^ même quand son but est condamnable; mais ici d'autant plus digne de r^narque, <]u'elle s'est dévouée à accomplir k plus grande et la plus patri<Hique de toutes les inspirations du génie*
C'est dasis ces grsoides fondations qu'on recon-^ nait son empr^te. Alexandre laissa la sienne dans Alexandrie^ Pierre dans Pétersbourg. Ge point ignoré de la terre, transformé par la vokmté d'un grand homme, deviendra, cent ans après kii, le centre et l'entrepôt de l'un des grands commerces du monde : trois cent nulle habitans en exportaront ou y importeront annuellement pour onze cent milli<ms de denrées exotiques ou indigènes; le sort de l'Europe s'y décidera , et toute la £iGe polUique et morale du nord sera changée ! '
Au reste , l'importance de œtte^Mewa sinr, les destinées de la Rusaie fut toujours remioifusdilis* En 863 , sa possession livre r^bvgorod 11 JUirieky et l'empire russe prend naissance^
Vers ia4o , la reprise qu'Alexandre Newsky &îè de ce flauve sur les Suédois, donne à ce prince «on. glorieux surnom; Novgorod s'attadie k .œ vaôir^.