‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 219 sur 359 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Soyons^ aussi, nurfm ëtoimés de raccrobseuent de ses revenus , après l'avoir vu soumettre le clergé aux impots oonmie les laïques , éteindre une foule de monastères en défendant les voeux avant cinquante ans 9 et réunir leurs biens au domaine^ agrandi par des confiscations, par le retour au trésor de l'apanage de son fi:*ère Iwan , et par ses conquêtes sur les Suédois.

Remarquons en même temps qu'il a ouvert ses États au commerce étranger, et aux trésors de l'Europe , qui sont venus s'y échanga:* contre tant de matières premières jadis inertes; apprécions l'augmentation de revenus qui en résulta, et la possibilité d'exiger en espèces une foule de taxes jusque-là perçues en nature.

C'est ainsi qu'il a substitué un impôt à ces four* nitures de vivres si lointaines , et qui écrasaient ses peuples : cet argent sert à solder des. fournisseurs. Il est vrai que les grands se sont alors cachés derrière ces traitans pour s'engraisser du sang des peuples; mais, enfin, Pierre les a aperçiB, le mal s'est découvert par son excès , il a grandi jusqu'aux ye^x du Tzar. C'est alors qu'il a créé des commis* sions d'enquête, qu'il y a passé des jomi:iées entières, et qu'on l'a vu pendant plusieurs années, les yeux toujours ouverts , faire rendre gorge à ces grands prévaricateurs par des amendes, pai* des confiscations, et les punir par le knout, la corde' et la hache.

A cette 8nrvéiIlancedu'cbdF> qu^iue giierre plus concentrée Itii permit dèppis lyiS, ajoutons l'augmentation du traitement des collecteurs; ce qui leur ôta tout prétexte de préTarication. N'oublions pas que la plus grande partie des appointemens était acquittée en nature; que pendant plusieurs annéies^ la guerre , portée hors de l'empire, dut alimenta: la guerre. Observons que les villes et les provinces, où les réginiens forent ensuite cantonnés, les payèrent sur place, ce qui épargna des frais d'escompte, et qu'elles les nourrirent par des mesures qui paraissent avoir été municipales, c'està-dire les moins oppressives possible. Remarquons enfin, en 1721 , la substitution, à l'impôt tatar par maison , de l'impôt par tète, véritable impôt foncier, basé sur un dénombrement renouvelé tous les vingt ans, et que les cultivateurs répartissent entre eux suivant la valeur de leur culture.

En même temps, le réfdrmatem* a su refuser aux étrangers le droit de trafiquer entre eux en Russie; il a même voulu que ses sujets eussent exclu^vement le privilège de transporter jusqu'aux frontières de l'empire , leurs marchandises achetées par des étrangers dans l'intérieur des terres. Ainsi, les frais de transport tournèrent à l'avantage des siens. En 17 16, il aima mieux renoncer à une alliance avantageuse avec les Anglais, que de se dessaisir de ce droit en leur faveur. '

' V. Manstein.

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