CHAPITRE yil
taxant subitement dîvei^es sortes de marèhandises, soit en s'en déclarant Facquéreui? exclusif ^ au taux qui lui plaisait^ pour les mettre à un prix exorbitant^ dès qu'il s'en trouvaitsedi en ^possession.
Ils ont dit encore que lem Tzar aoci^arant tout^ s'est fait le seul négociant de la Russie européenne avec là Chine et la Sibérie ^ comme aussi le seul monnoyeur^ le seul marchand de tabac^ de savon , de talc et de goudron; que, s'étant encore déclaré le seul cabaretier d'un empire où régnait souverainement l'ivrognerie , ce monopole a fait , chaque année, rentrer dans ses mains toutes les paies qui venaient d'en sortir.
Veut -il, en 17 16, se défrayer de son second voyage en Hollande, et éviter un change désavantageux ? Il s'approprie tous les cuirs du commerce russe à un maximum y que lui-même détermine, pour les vendre à son profit, payables eu Hollande, aux étrangers qui les demandent. C'est ainsi que plusieurs de ses contemporains expliquent les rt-* chesses d un prince qui fut le principal fabricant et négociant d'un grand empire, le créateur, le surintendant de ses arts. Ses sujets étaient, pour lui, autant d'ouvriers dont il excitait, appréciait et récompensait à son gré le travail; il se réservait la vente des produits de leur industrie, et en ramenait à lui les profits immenses, pour en appliquer l'emploi à les doubler encore.
SingoUer fondateur du commerce dans son em--
4o$ LIVRE IX.
pire y qae le prinoe qui l'attire à lui et le circonscrit en lui seul 1 Croyons cependant aussi qu'il se fit parfois commerçant et manufacturier, comme marin et soldat 9 pour l'exemple, et que l'ignorante opiniâtreté de ses sujets contre divers genres d'industrie et de commerce , lui en laissa long-temps, malgré lui , le monopole.
Au reste , il est eurieux de voir, quand il veut se servir pour tout éclairer, du despotisme qui éteint tout, comme cette arme de ténèbres et de mort, se retournant contre lui-même , blesse les mains les plus faites pour la porter. Soloview en est un exemple. Ce marchand, aidé des privilèges que lui a accordés Pierre, a enfin établi à Amsterdam la première faetorerie russe considérée; mais, en 1 7 1 7, au second voyage du Tzar dans cette ville, ses avides courtisans s'irritent contre ce négodiant leur compatriote. Soloviewn'a pas voulu se racheter de l'envie que ses richesses leur inspirent. Us le perdent dans l'esprit de leur souverain, et l'autocrate, cti confisquant à son profit cette source de richesses, détruit lui-même son ouvrage.
Voilà donc , sous le point de vue de ses ressources matérielles, le mirade de grandes créations de toute nature , si prodigieuses et si subites ! Est-ce donc à notre ^ècle à être surpris de tout ce qu'on peut faire en vingt-cinq ans, avec des confiscations, des impots arbitraires , des monopoles , des Inquisitions, des corvées, et une volonté de fer