CHAPITRE VII. 4o
dite noire, ou non libre : puis d'autres oliai^s vexa* toires et exorbitantes, les artisans pressurés en raison de leur industrie et de leur hien-être supposé ; d'où il résulte qu'ils cachent l'un et l'autre : les plus laborieux enfouissant leur gain pour le dérober aux nobles , et ceuiwîi coiifiant leur or aux banques étrangères pour k dérober au Tzar.
Ajoutez à cela toutes les oppressions subalternes. Des collecteurs, dont les appointemens annuels n'ayaient été lon^emps que de six roubles, et dont la fortnne pourtant s'est* trouvée faite en quatre années; car ils sarent détourner à leur profit les deux tiers de ce qu'ils extorquent , exécu^ tant les insolvables par la torture , abusant horriblement des pouvoirs illimités qui leur sont confiés, selon l'usage des gouvernemens absolus, le despotisme ne pouvant s'exercer que par délégation.
Ceux-ci ont le droit d'imposer tous les marchés du pays, de taxer toutes sortes de denrées, suivant qu'ils le jugent à propos, et de violer les domiciles pour prévenir ou découvrir les contraventions; en sorte que ces pelles infortunés, compr^iant qu'ils ne possèdent rien, et que tout, jusqu'à leur industrie , appartient au Tzar, né travaillait plus que pour gagner l'absolu nécesaaire , et manquent, pour le reste, d'un courage que l'on n'a que pour soi seul.
Aussi les fœ:*éts se sont-elles peuplées de déses-
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péréft, et de tant d'autres d'abord riaaiés dans les yillagéis^ mais ensuite qai, se voyant fiE>roés de payer seub^ non seulement pour eux-ménes^ mais encore pour les fugitifs y ont été les rqoindre.
Et que dire de plus sur les désordres de ces temps que les faits eux-mêmes I Ils i^ontrent les grands les plus en crédit , convaincw plusieurs fois de péculat ; les uns bannis^ les autres pendus ou décapités; un TicoK^hancelier lui-même^ qui a osé donner, sans autorisation, des places et des traitemens ; qui a pu , dans un État si pauvre , détourner trois millions à son profit. Aussi , n'esl-ce point leur Tzar seul que ces peuples accusent de leurs maux.
Mais telle est la condition du despotisme, qu'en privant les peuples de leur libre aiiiitre y il assume sur lui toute la responsabilité. Tous conviennent pourtant que, vers 171 5, ils virent leur Tzar consterné à l'aspect de tant de malheurs ; ils ont alors dit ses eflbrts, et que tous ne Airent pas infiTictueux.
Mais en même temps, pour s'expliquer l'abondance inépuisable du trésor de cet autocrate, ils nous le montrent monopolisant tout à son {»x>fit , donnant aux espèces dans son empire la valeur qui lui convenait, et ne les acceptmt des étrangers que suivant leur valeur intrinsèque.
Ils Taccusent d'avoir accaparé Fadiat ou la vente de mille produits indigènes ou étrangers , soit en