‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 23 sur 359 · CHAPITRE VII. 4i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. 4i

d'elles y reçoit en masse le nom d'mi sainte Ensuite il outre les vertus chrétiennes, comme il a outré les yices du paganisme ; il dissipe les revenus de l'État en aumônes, en fondations pieuses, en repas publics, par imitation dés agapes des premiers chrétiens. Il n'ose plus verser ni le sang des criminels, ni même celui des ennemis de la patrie.

Toutefois, on le fait bientôt revenir de cette exag^tiou ; alors enfin , il fonde des villes dans lesquelles il transplante ses sauvages sujets. Il établit des écoles où il fait traîner les enfans des principaux Russes : car son pouvoir parait sans bornes.

Ce colosse informe méritait une page d'histoire, puisque la^ Russie lui doit une religion toute spirituelle, ses premiers germes d'instruction et de civilisation, et sa plus grande gloire gothique.

Mais il gâta tout par le partage de l'c^i^^ûre entre ses enfans. laroslaf l'un d'eux , lui refusa le tribut de sa principauté. Sa révolte le fit mourir de douleur; elle le punit de cette division de l'empire en apanages.

Cette faute est répétée si obstinément depuis ce Grand-prince, qu'il en faut chercher la cause dans les moeurs des temps et dans la nécessité des cir*constances, plus encore que dans l'imprévoyance de tels hommes.

Ces partages étaient indispensables. On donnait

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une ville à un prince pour satisfaire à telle partie de sa subsistance; une autre ville pour telle autre partie de sa dépense : il n'y avait pas d'autre moyen 4'y subvenir.

Et puis, les chefs de guerre, tels que Rogvoïod de Polotsk , Sweneld , et ces ducs dont il est question dans les premiers traités avec Bjrzance , ayant des fiefs ou des gouvernemens , il n était pas naturel que les princes du sang en fiissent dépourvus. Il y aurait même eu plus de danger à laisser de si grandes et de si lointaines portions du pouvoir, entre les mains d'hommes qui eussent été étrangers à la dynastie.

On peut croire à ce propos, que le massacre de la famille de Rogvoïod par Vladimir, et la brutalité que ce prince mit à forcer la seule héritière qui en restât , à l'épouser, vinrent de ce que cette famille, alliée seulement aux Rurick, s'était déjà fait de Polotsk un fief inamovible.

D'ailleurs , qu'aurait-on pu faire des princes du sang russe? Les forcer de vivre à la cour et aux frais du Grand -prince, sans commandement, et comme de premiers sujets ! Mais ceci était alors contraire à la nature des choses, et n'est praticable que lorsqu'une longue expérience et une civilisation avancée ont fait prévaloir les intérêts généraux. Enfermer ces princes dans des sérails? Il n'y en avait pas en Russie ; ils y sont impossibles. La température y porte trop a tous les genres

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