LIVRE I. — CHAPITRE VII
qu'oflraient les Allemands , à cause de son pape y dieu terrestre, qui lui a paru une chose inouie; le judaïsme , parce qu'il était sans patrie , et qu'il ne paraissait ni sensé de prendre conseil de vagabonds punis par le ciel , ni tentant de partager leur punition.
Mais en même temps la religion grecque ' , qu'avait pratiquée son aïeule Olga , et que vint lui prêcher un philosophe de Byzance , fixe son atterition; il rassemble son conseil , prend l'avis de ses Boyards , des anciens du peuple , et en envoie dix examiner au loin ces religions jusque dans leurs temples.
Jusque-là, malgré leur Beli-Bog et leur Tcherno-Bog (dieublanc et dieu noir), et ce qu'ils avaient dû recueillir des zélateurs de Zoroastre e.t d'Odin , on assure que les Slaves n'avaient pas même songé à l'existence et à la lutte perpétuelle d'un bon et d'un mauvais principe ; ces païens , avec d'autres dénominations, avaient une mythologie semblable
' Le schisme grec commença en SSy, quand le patriarche Photius excommunia le pape Nicolas I", parce que FÉglise de Rome ordonnait qu'on jeûnât le samedi, qu'elle permettait de manger du laitage en carême, qu'elle retranchait la première semaine de ce temps de macération, défendait le mariage aux prêtres, leur permettait de se raser la barbe, et enfin prétendait que le Saint- Esprit procédait non seulement du père, mais encore du fils. Les autres différences consistaient dans la communion sous les deux espèces, dans le baptême par immersion, et en ce que la liturgie et tout l'office grec se font en langue nilgaire.
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à Umtes les antres; c'est-à-dire qa'ils avaient divinisé leurs passions y jnsqa a leurs goftts et tons les principaux objets de leurs craintes et de leurs
Cependant) les aiToyësduGrand-prince^ honunes simples , partent et retiennent ; ils n'ont aperçu le mahométisme et le catholicisme que dans des provinces pauvres et barbares y tandis qu'ik ont vu la religion grecque dans sa magnifique métropole ^ et parée de toutes ses pon^pes : ils n'ont point hésité. Aussitôt Vladimir convaincu ^ est allé conquérir des prêtres et des reliques dans Cherson; puis, par ses menaces, il arrache à l'empire grec une prin-* cesse y qu'il épouse en se faisant chrétien.
Quant à ses divinités païennes , tyrannisant le ciel comme la terre, celles qu'il venait de faire toutes d'or et d'engraisser du sang chrétien, il les dépouille en faveur du Christ, connue des £ivorites disgraciées : bien plus, il les fait traîner au supplice à la queue de ses chevaux; elles sont chai> gées de coups par ses gardes, et précipitées dans le Dnieper.
Le prince qui traite ainsi les dieux de la Russie, n'en ménagera pas plus les hommes; il leur a ordonné de devenir chrétiens à tel jour, à telle heure : il commande , et des peuples entiers sont poussés comme des troupeaux, et réunis sin* le bord des fleuves , pour y recevoir le baptême grec. Une foule succède à une autre foule; chacune