‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 243 sur 359 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Maijvtenant, commeàt sortir de cette Toie de sang et d'iniquité? où retrouver le grand hq^nme ? Mais n'est -il pas toi^oûrs le même, persévérant dans la même direction, traversant du même pas et sans jamais se détourner , tantôt des champs de §^oire et de lumière , tantôt; des abîmes d'horreurs ! Toiqours grand, même dans ces horreurs, parce qu'il tend sans cesse et sans personnalité vers un méine et immense but, et que, d'une main puis* santé, il y traîne après lui vingt miUions d'hommes.

C'était Tàme de la Russie , et , comme les fortes àiïies, il disait mouvoir vers son but sans ménagement , le grand corps qu'il animait. . .

La lutte était engagée. Il fallait des sacrifices, soit pour avancer ,. soit pour reculer. Ces aveugles venaient de tenter un dernier effort pour rétrograda dans leurs téoèbres; par un effort plus violent, Pierre vient de les contraindre à continuer. S'ils eussent réussi , c'eût été du temps , de l'argent perdu, et du sang versé inutilement , et non une révolution , mais une contre-révolution , de tous les bouleversemens le moins durable ! Les fleuves

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ne remontant vers leur source qu^accidentellementy qu'instantanément, tandis que les révolutions sont au contraire, comme ces accélérations subites, ces cataractes, dans la direction naturelle de ces grands cours.

n est vrai , qu'en général , elles font mal le bien , qu'il est souvent si difficile de bien faire. C'est ainsi que , barbare contre la barbarie , Pîérri&-le-Graud vient de se n^ontrer plus détestable qu elle. Dans tes àttocltés , on croit toir le génie du Inen terrassant le génie du mal, en lui empruiitaiit; ses &h hestès. armes.

Cependant, tant d'nteures passées à genoux à inv» plorer les lumières du ciel, Taveu- des remords que lui inspire sa perfidie envers sa victime, enfin , les lartittes qu'il verse* sur sa tombe , tout prouve que le sacrifice fut pénible, et que le réformateur e» / à senti toute Fétendae! Ce n'est plus seulement, comme dans toute sa rude carrière, sa vie mortelle que Pierre vient de sacrifier» à son pays, c'est encore peut-être sa vie immortelle.

Mais le sang versé , il en faut convenir, ne l'a pas été inutilement : la barbarie est vaincue dans son dernier espoir, et la régénération des Russes est assurée I Car pour comprendre et pour mesurer ce génie rude et informe, il ne faut l'envisager que dans son but : c'est là qu'il est sans cesse et tout entier ; c'est dans cette seule vue qu'il aime ou qu'il hait , qu'il frappe ou soutient.

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