‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 249 sur 359 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

GaMMENT donc allier à ce» nobles sentiment/ tant de cruauté dans un père , ou la froide férocité d'un prince qu'on vit interrompre ses r^s pour aller abattre des têtes y et revenir ensuite sans émo^ tion, reprendre la joie du festin à peine suspen-^ due? Comment en même temps ^ dans un cœur si absolu^ tant d'équité, tant de satisfiiction à la vue des sentimens d'honneur et de vertu qu'il découvre dans quelques xms des siens, même quand ils lui résistent! Est^«e caprice d'un deqK>te fatigué de servilité? Est-^ce instinct naturel de justice? ou [^tot, qu'étant né lui-même avec une franchise mâle et guerrière, il aimait dans les autres la voix libre et fière de la vérité? Serait-*ce enfin , que la , mesure de sang barbare qu'ii fallait sacrifia à la civilisation, avait été comblée pai;: celui de son fils !

Mais, non;' ces divers exemples de modération, d'indulgente pitié, de longs et tendres attachemens, ont précédé aussi-^bien que suivi ce coup mortel porté à la barbarie. On sait, il est vrai, qu'après cette terrible exécution de l'héritier de l'empire, il fit grâce au prévaricateur Gagarin, en déclarant que désormais, son intention était de corriger ses sujets par la douceur plutôt que par

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lasé^finté. MManMkaaHqoeleladanmyle cuopaJble ajant rétndé ses areur, et aocoié pu- Miqoement le Tzar de les fan aroir amdiés par la yuAcoe^y oefad-ci , rentraot par riodigpatioQ dans son canu^tCTe ^ Ta fiât pendre amsîtot à une potence de doqmnte oondées de haut.

N'estHoe pcwit encore depois le meortre de son fib, ^pe^ dans mie dernière lotte contre les ideilles momrsy ce tara effiajéla Rnsne de la mortoa de la mutilation de tant de fimatiqnes^ qa'avait ré- Toltés la réforme satitfaire d*nne mnhitade d'abn» et de pratiques superstitieuses.

Toute sa ^ie fut donc implacable aux omemis de la drilisation, les sîms en conviennent. Mais que J&it-on de grand sans grande passion ? Qudie ^nde passion n'a point réuni des extrêmes y et fixe et persévérante^ ne fut pas en même ten^ toute pleine d'amour et de haine ! C'est an nom de l'un de ces deux sentimens, que ses admirateurs semblent demander grâce pour l'aulare»

Ils nous montrent cet orâl si féroce , lorsqu'il déyûa*e de ses regards les ennemis de la dvilisatîon , se remplissant de la plus^ attentive et douce soUicî- Uide pour le mieux être de ses peuples. S^il crée un parc dans l'une de ses résidences ^ dans son étonne-ment de ce qu'on en a défendu l'entrée à ses sujets^ il s'écrie : Eh! comment a'4-onpw croire que f eusse dépensé tant d! argent pour moi seul ! Puis , avec cette ingénieuse et constante occupation de tout

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œ cpii peut contribuer au perfectionnement de ses peuples, il yeiit que ce parc soit transformé en un jardin d'instruction. Ses arbres seront taiUés en figures d'animaux; bientôt, il y joindra soixante groupes de pes mêmes figures en plomb doré et de grandeur naturelle : ils représenteront les febles d'Ésope, avec leur explication en langue russe grayée auprès siu* des feuilles de fer.

Voilà comme, partout, ses soins paternels portent sur les moindres détails; en conquérant la Finlande, il s'est aperçu que la santé des peuples de cette province soufirait de leur insouciance pour leur chaussure; et, aussitôt, il leur envoie des Russes pour leur apprendre l'art d'en fabriquer de plus saines avec l'écorce de leurs bouleaux. 11 fait plus, et pour hâter cette amélioration, sa généreuse pitié charge leurs prêtres de distribuer des primes d'encouragement à ceux qui s'y perfectionneront le plus vite.

Écoutez-le encore, n'est-ce pas de cette même Toix , dont il vient de foudroyer inexorablement dans son fiils la barbarie moscovite, qu'il appelle, avec douceur dans ses cabinets d'anatomie et d'histoire naturelle, la curiosité de ses sujets? Il veut même que ses serviteurs les y attirent par toutes sortes de complaisances, et en leur ofirant gratis les meilleurs rafraîchissemens.

C'est enfin ce même prince, qui naguère se promenait froidement au travers de cinquante écha-

ftuds dégoiUlMM du sang de cinquante prêtres de l'ignorance et de la barbarie t c'est lui que ses officiers ont TU près du lit de de Weydt ^ son maréchal de cour, l'entourant de ses phis habiles médecins, leur recommandant « de lui conserver ce serviteur, ir ce général , le meilleur de tout son empire » ; et non seulement lui sauvant la vie par ses soins, mais l'enrichissant afisuite par le don d'une terre de soixante mille francs de rentes. C'est encore ce tzar, ailleurs si terrible, qu'ils nous représentent, accompagnant , pendant plusieurs werstes , la tête découverte, une torche à la main et dans une affliction profimde, tant^ le convoi d'Âreskins, son mé* decin, tantôt ceux de deux Anglais morts, l'un contre-<imiral de ses flottes, l'autre son interprète. ' Mais que notre complaisance se prête quelques instans de plus à l'admiration des siens, et ils nous entraîneront encore, à la suite du grand homme, dans ces manufactures, ou plutôt dans ces nombreuses écoles d'industrie fondées par ses soins. C'est la que d'habiles étrangers, choisis par luim^ne, enseignent leurs arts a une foule de jeunes Russes qu'il y entretient à ses frais. Est-ce donc ici le même homme? comment ce regard si féroce, quand il contemple le supplice des ennemis de ces arts, devient-il si bienveillant quand il vient en visiter, avec tant d'assiduité, les bienfaisans et utiles, établissemens? Voyez comme chaque jour il y surveille les progrès de l'instruction de ses sujets.

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