‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 259 sur 359 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Cependant^ il s'était préparé dès long -^ temps à cette matière. Déjà, son patriotisme , recher* chant toutes les gloires natioirales, a^ait commencé l'exhumation des chroniques ensevelies dans les cloîtres. Ce ne fiit donc pas seulement avec le flambeau de son génie , et celui de la justice tel qu'il l'avait vu briller chez les peuples les plus civilisés, qu'il osa s'élancer dans la difficile carrière du législateur; ce fut encore avec celui de l'histoire russe, qui lui dcût ses archives.

A cette dernière clarté, quelque incertaine qu'elle fut, son regard d'aigle, comme l'appelaient ses contemporains, avait percé les ténèbres des siècles gothiques, et découvert la naissance , l'esprit et la marche de toute la législation de son empire. U avait vu, qu'avant laroslaf et Isiaslaf (commencement et milieu du onzième siècle) les Russes n'a* valent point eu de lois écrites; et sans rechercher quelles modifications subit leur premier Code pendant les trois siècles de malheur qui suivirent, son r^rd avait franchi rapidement cet obscur dt sauvant intervalle, pour ne s'arrêter que sur le rè^^ne du grand Iwan.

Là, sans doute, observant avec une curieuse

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attention les réglemens de ce premier autocrate russe, il dut y remarquer qu'alors' le dixième des biens en litige , joint à un impôt , payait le juge et tous les frais de justice ; que l'héritage , à défaut dé testament, était conservé dans l'ordre naturel ; que la prescription pour biens fonds n'était que de trois années contre les réclamations des particuliers , et de six années contre celles du domaine.

Il y reconnut que les paysans, libres alors, espèces de métayers, pouvaient changer de lieu chacfue année huit jours avant et après la fête de Saint-Georges, en payant un léger dédommagement aux propriétaires ; que les esclaves étaient les prisonniers de guerre , les coupables livrés à leurs accusateurs, et ceux qui se vendaient par actes publics, ou qui se faisaient intendans ou sommeliers ; que ces esclaves pouvaient être cédés ou légués;* qu'enfin, leurs femmes, et même ceux de leurs enfans restés à leur charge, suivaient leur sort.

On ignore quelle impression fit sur le législateur du dix -huitième siècle, ce Code informe, qui maintenait non seidement l'esclavage et la question , mais aussi le duel judiciaire , et confiait la justice aux mains armées de tous les possesseurs dé fiefs , malgré l'inutile adjonction de l'ancien et des notables du lieu.

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