‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 267 sur 359 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

priëtaires d'un reyenu de cent sacs de grain ^ à fournir un cavalier armé^ ou sa valeur en argent; et^ comme Iwan a augmenté se^ revenus^ en retirant la perception des impots des mains des seigneurs ^ il peut , enfin , lever un copps d'infanterie , le pre- . mier qu'on ait vu en Russie ; il l'arme de mousquets y et le répartit dans les grandes villes y où ces strélitz deviennent des espèces de janissaires.

Ce même Iwan IV assignç encore une paie de gueiTC aux militaires en campagne. Far là^ il double l'armée 9 dont plusieurs fois il porte l'efiectif sous les armes à plus de deux cents canons et de trois cent mille hommes. Armée bien irrégulière sans doute^ mais.enfin^ suffisante pour conquérir Kasan^ Astrakhan^ la Sibérie, pour écraser les chevaliers livoniens, et reprendi^e momentanément l'ancienne Russie jusqu'au Dnieper et à la Dûna, sur la Pologne et la Lithuanie alors en discorde.

Déjà le regard rapide de Pierre a dû atteindre la fin du seizième siècle et le dernier des Rurick ; ce siècle est en partie le sien. Il en voit de plus près les armées; il en peut compter les difierens corps. 11 peut remarquer, qu'en 1600 , la cavalerie russe se composait de quinze mille cavaliers nobles, gardes du Tzar, et de ces trois cent mille enfans boyards, dont soixante mille se rassemblaient sur les bords de l'Ocka tous les printemps. Pierre sait, par expérience, que cette saison fat toujours dangereuse à la Russie méridionale , par les incursions subites

4g6 LIYRE XI.

des aomades. U a pu même aj^récier la dépense de ce rassemblement annuel qu'on évalue kkuit oent mille francs , tandis que les quinze mille gardes nobles du Tzar, coûtaient «iviron deux millions einq oent mille francs, et l'infiinterie régulière à peu près neuf cent mille.

Cette in&ntme consistait alors ^i douze mille strélitz, six mille cosaques et quatre mille xfoaltre cents Allemands ; le reste était composé de régimens |NroTinciaux de trois à douze cents hommes , levés à la hâte , quand les circonstances pressaient, qu'<m avait peine à garder un an sous le drapeau, et qui portaient le nom des principales villes. '

Ici , le vainqueur de Pultavra dut sourire de Toir cette infanterie armée de mousquets, de flèches et de massues, ne savoir a[^rocher d'un rempart ennemi, qu'en élevant et poussant jusqu'à son commet, des montagnes de terre. Elle se fiait si peu à ses armes et à son ensemble, qu'elle n'osait combattre au milieu des steppes, contre les Tatars, qu'entre deux rangs de planches (»^nelées de trois quarts de lieue de longueur. *

Enfin, paraissent à leur tour les armées de k seconde race. Mais, trop ébloui sans doute de la gloire de son père, Pierre-le-Grand semble n'avoi]" pCHUt assez vu les elfi»ts de son aïeul Mikhaïl en 162g, pour opposer aux Suédois et aux Folo-^ liais, une armée russe disciplinée à l'européenne.

' F, Karatnsin, Fletcher, Bruce, etc., etc. — ' F. Manstein.

Page 1