CHAPITRE VII. 49a
civiles y les guerres polonaises et hongroises , auxquelles s'ajoutent les dévastations des nomades du Sud. Dans les onzième et douadème siècles ^ les dis«cordes intestines épuisent la nation; dans le treizième^ l'invasion mongole la désarme : les chevaliers porte-glaives lui enlèvent la Livonie; les Suéàouy ringrie; dans le quatorzième ^ les sauvages lithuaniens lui édbappent : ces païens lui arrachent ses plus belles province.
Mais^ enfin, vers iSyo, l'excès de l'oppression ta tare etDmitrj Donskoï la soulèvent; elle reprend ses armes et non ses moeurs ; tout est changé ou modifié : elle combat, ou se débat contre l'esclavage en désordre et en scytlie. Toutefois, pendant cette désastreuse période de trois siècles, l'armée de Novgorod demeurée intacte, et les restes des gardes des princes unis à des Tatars, ont été plu-» sieurs fois victorieux de leurs voisins d'Europe.
Mais à la fin du quatorzième siècle , lorsqu'enfin les Tatars s'af&iblissent, et qu'au travers de leurs hordes disséminées et éclàircies , Pierre commence à revoir l'armée russe, il ne la retrouve que dans la garde des Grands-prinoea, et surtout dans les boyards des princes apanages et ceux des villes ; car les citoyens et les marchands ne prenaient les armes que dans les cas urgens, et les laboureurs jamais.
Chacun de ces boyards entretenait une garde de serviteurs et d'enfans boyards qui lui était proi»*e. Méoontens, ces condottieri remettaient au prince
ou à la ville 9 leur solde, ahandonnaient leurs fiefs^ et marchaient avec leur garde, vers un autre prince ou vers une autre ville , où ils retrouvaient la même, considération et d'autres domaines. . . ,
Mais enfin, dans le quinzième siècle^ l'autocrate du dix-huitième peut voir que l'autorité militaire se centralise; les boyards perdent la liberté, du choix; les apanages des princes, ceux des républiques russes, réunis à celui du Grand-prince, dotent pour la première fois,, et avec charge de service militaire , trois cent mille enfans boyards. I^an III les divise en cinq corps de bataille, dont les boyards et les voiévodes, réduits à de vaines prétentions de charges héréditaires, se disputent le commandement.
Là, comme ailleurs, le réformateur peut observer que l'infanterie, toujours composée <les plus pauvres , armée irrégulièrement , et seulement d'armes blanches , d'arcs et même de massues , fiit long-temps faible; que, sous Vassili (fin du quinzième siècle), on ne l'évaluait qu'à soixante mille hommes , le sixième de l'armée , proportion toute contraire à celle qu'on observe aujourd'hui; qu'enfin elle se composait de serviteurs d'enfans boyards et de fusiliers de ville , espèce de milice.
C'est alors surtout , qu'on a cru voir l'attention du despote du dix-huitième siècle , s'arrêter complaisamment sur celui du seizième. Celui-ci, ou plutôt son ministre , souniet d'abord tous les pro-