CHAPITRE IV. 5a
Cantémir, que soutenait Jagouchinsky ; l'autre , par cet Jagouchinsky^ Vœil du Tzar.
Ce fat en 1722 que Pierre l'appela ainsi 5 quand , à son départ pour la Perse , il remit la direction du gouvernement à ce nouveau favori^ qui marchait de si près sur les traces de Mentzikof. De là, l'envie 4c ce Mentzikof^ la jalousie de Catherine : en y ajoutant, depuis l'éclat de son adultère^ une couronne à conserver : l'exil , le supplice d'une Êivorite, la mort d'un amant à venger : enfin, le pressant besoin d'échapper par un setond crime au reproche, au danger continuel d'une menaçante présence.
Tels forent les soupçons des contemporains, soit justice divine, qui, souvent, ne punit un crime avéré que par le soupçon gratuit d'un autre crime , soit penchant trop ordinaire au commun des hommes, de ne jamais croire naturelle la fin prématurée des grands princes. Il semble, en effet, que par une disposition primitive de l'espèce humaine^ à. se créer des dieux de tout ce qu'elle craint, la foule ait peine à concevoir que ces êtres, pour elle hors de nature, puissent mourir naturellement; elle ne peut se persuader que tant de vie, qu'une vie si grande, et de laquelle toutes les autres semblaient dépendre, ait pu s'éteindre, par un simple accident de guerre ou de santé, comme celle des êtres ordinaires qui l'entourent.
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