LIVRE XII. — CHàPITRE V. 5a
Sa vie n'avait été qu'un long et violent excès de travail entremêlé d'autres excès* Dès 1722^ une souffrance secrète se déclare '; il la tait^ et c'est en dépit de ce mal que > dans cette même année , il achève h conquête de ces trois provinces de teaney qu'il réunit momentanément à son empire* On le vit alors partager les fatigues de ses moindre^ soldats p et leur grossière nour»ture« Il marchait à pied comme eox, sous un soleil brûlant^ dans un sable profond et calciné^ au milieu d'une poi^s^ sière épaisse 9 souvent sans eau pour se désaltérer^ pendant des journées entières^ Et pourtant il re* fusa constamment de se servir du carrosse de Ca-^ thearine; elle-même en descendit plusieurs fois pour le remplir de soldats mourant de chaleur et de fatigue.
Cependant 9 son mal s'accroît \ Cet emiemi intérieur qu'il méprise p chemine et gi^andit pendant qu'en lyaS» ne s'occupant que de ses ennemis ex-* térieurs^ bien moins dangereux^ il retient les 00^ saques dans leur fidélité par la présence de soixante mille hommes; tandis qu'il contient les Turcs par des négociations menaçantes y comme elles coa* vittunent avec ces barbares ^ et que y s'élevant de la Caspienne à la Baltique , d'une mer de feu à une mer de glace, il passe encore en triom{^e à Moscou, devant Romodanowsky , toujours dans un rang
' • La dysurie.
aeconifairey loi rend compte de son expédition^ et réprime en maître les mnrrdles malyersations de son vioe-Hîliancelier et celles de Mentidkof.
Son courage pat enccH^ dissimuler sa souffirance au miUea de sa flotte qu'il arma, en dictant à Stodkkolm la reconnaissance du neveu de Charles XII pour prince de Suède; au Daneman^^ celle des droits de ce même prince, son gendre à Tenir, au duché de Bolstein ; enfin , en forçant Ciopenhague de le reconnaître lui-même pour empereur. Mki» comme en même temps pour cacher sa dé- Êdte intérieure, et ne pas donner à ses ennemis une joie importune , ou même un dangereux espoir, il n'a voulu changer aucune de ses habitudes, chaque jour ses douleurs sont devenues plus poi* gnantes.
Enfin , il ne peut plus les contenir, mais c'est à un seul de ses serviteurs qa'il ai confie le se-^ cret ; il lui ordonne de consulter comme pour un autre ; il ne veut pas même qu'il s'adresse au mé^ decin de sa cour, tant il attache d'importance à ne pas être pénétré. C'est alors qu'on l'a vu se rendre aux eaux thermales d'Olonetz, et cpie, {dus cahne à son retour, il a pu , le 7 mai ij^i^y ^^^^ ronner Catherine.
Mais soit que, dans ces fêtes, il se ftit laissé entraîner à quelques excès, ou, comme l'affirme son chirurgien ', que son mal n'eût été que pallié par
* Paulson.