‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 283 sur 359 · CHAPITRE V. 5a · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 5a

tette preÂiière et obseure consultation ; soit entôre qu'à la déoouTerte de la trahison de Timpëratrice^ la violence de son indignation eût tout aigri eti lui ; ce qui est certain y c'est qu'a la suite de ce couronnement ) et peu de jours après cette fatale découverte, son horrible maladie éclata avec une fureur nouvelle.

Tout à coup, Pétersbourg apprend que la vie (}e son fondateur est en danger; puis qu'une horrible opération peut seule le sauver; puis qu'il l'a soufferte, mais avec tant d'angoisse, et en s'attachant de ses mains si fortement à ses opérateurs , que leur corps en est resté tout noirci. Elle sait enfin que son Tzar est demeuré étendu sans force sur un lit de douleur, où, pendant trois mois, on ignore s'il périra de son mal, ou des moyens qu'on a employés pour le guérir.

Mais , cette fois encore , sa vigoureuse organisa'*tion l'emporte. Il renaît, et tout aussitôt, en dépit des représentations les plus menaçantes > indigné d'une si longue captivité, il retourne à ses créations.

Munnich, dont le génie répondait au sien, l'appelait alors dans ces marais, où l'intrigue et l'ignorance égaraient depuis tant d'années la trace de ce fameux canal Ladoga; canal nourricier de Pé^ tersbourg, jonction des eaux du nord de l'Asie et de l'Europe, lien entre deux mondes.

StB livre xii.

Cependant, lautomne commençait % lautoinne des Russes ; mais le Tssar n'en tient compte. Pen* dant un mois entier, celui d'octobre , il parcourt ces marais immondes. Son âme , encore tonte forte et entière , traîne dans cette tourbe fiétide son corps souffrant, af&ibli et di^à.YOÙté; tout eh lui ex-* prime la souffrance , à l'exception de son regard d'aigle, qui seul conserre encore son impérieuse TiTadté, et plane sur toute cette contrée bourbeuse. Ce canaly s'écrie-t-il, nourrira Péiersbourg et Cronstadty fournira des maiériaujr pour leurs constructions y jr amènera toutes les productions de V empire j et fera prospérer le commsrcede la Russie awc le reste de ï Europe.

Toutefois, il en blâme la direction ; et s'adressant à l'inhabile ingénieur, protégé par ses Bsivoris ; PisareWy lui dît-il, il y a deux espèces de fouies : la première quand on pèche par ignorance,* la seconde y plus gra^e^ lorsqu'on nefaiipas usage de ses cinq sens. Pourquoi les bords de ce canal ne 3oni-ils pas contenus ? pourquoi tani de détours ? Où sont les collines que tu objectes? J^raimenty ia n'es qu'un drôle ! Alors il se retourne vers Muniiich, dont il approuve les plans; il l'appelle son ami; îl déclare quil a trom>é en lui Vhomme qui ache^^era ce grand ou^age ; que ses traçaux l'ont guéri. Il met vingt-cinq mille ouvriers et le

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