CHAPITRE V
et déjà appesantie y ne peut plus former sur le papier que des traits copfu6 ; lui*-méme n'y peut lire que ces trois seuls mots : Rendez tout à .... C'est alors qu'il a fait appeler en toute hâte la princesse Anne, sa fille chérie; mais quand elle est accourue^ déjà 1» voix, comme la mam et tout le côté gauche du corps de son père, n^existait plus. Lui 9 s'efforce d'acheyèr, mais yainemeni; sa volonté existe encore entière , mais sans intermédiaire atec ce monde. Ce souverain si puissant , virant encore , au mili^i de son peuple^ entouré des siens et dans les bras de sa famille , ne peut s'y rejoindre ; il en reste séparé et seul aux prises avec la mort^ contre laquelle il se débat encore pendant quinze heures d'une horrible agonie.
Enfin ^ le 7& janvier ^ vers quatre heures du matin ) ses yeux se ferment pour jamais ^ et c'eat à l'heure habituelle où , sortant d'un autre sommeil^ il reprenait chaque matin les soins de son empire , qu'il termine quarante-trois ans de règne et cinquante<lfiux ans d'une vie dont la Russie vit encore.
C'est à celte vie qu'elle doit le premier éclat de sa gl(Hre et tous ses reflets : les grandes vies étant celles qui ne meurent point dans un seul homme ^ et qui aemblent se transmettre^ en se répétant, dans une longue suite d'imitateurs : comme ces grands ouvrages du génie , créateurs de tant d'autres^ '
* V. la note (5) à la fm du volume.
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