‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 42 sur 359 · LIVRE IL — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IL — CHAPITRE III

de violences, d'usurpations, de traités violés, de brigandages, soit entre les princes russes, soit avec les Tatars polovtzy, ou avec les Polonais et les Hongrois? Ne cherchons donc dans ces faits, la plupart indignes de mémoire , que ceux qui dominent, qui peuvent donner la couleur de ces temps, et l'idée principale et générale de cette époque.

Or, dès les premières années du règne de Vsevolod, vers 1084, on voit s'élever la grande fîgm:*e de son fils , de ce Vladimir Monomiaque , le héros de cette seconde période de l'histoire russe. Ses premières actions sont des campagnes lointaines pour redresser les torts. Génie tutélaire au milieu de cette foule de princes apanages, il accourt sans cesse à la défense du faible' contre l'injuste agresseur; les Polovtzy le rencontrent toujom^s le premier au-devant de leurs af&euses inclussions. Le seul fait qu'on lui l'eproche ,' c'est de s'être laissé persuader qu'il était permis de manquer à sa foi envers ces brigands , qui ne gardaient jamais la leur; en effet, il se prêta à une perfidie conti^e ces perfides , trahit ces traîtres , et les fit égorger , endormis au milieu des fruits de leurs rapines, au nomibre desquelles Vladimir coni^tait, sans doute, le traité qu'ils venaient de lui arracher.

Mais que de grandes actions ont racheté cette grande erreur! Quand, en logS, son père meurt dans ses bras qu'il lui tend , et sur ce riche trône de Kief qu'il lui laisse, et que tous les bons citoyens

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Je supplient d'accepter, il le refiise* Quelque Inzarre que soit l'ordre de succession établi , il le respecte ; et, remettant le sceptre à Swiatc^lk , son cousin : - Son père y dit-il , était plus âgé que le mien; il a régné le premier dans la capitale^ Je veux pré-sérier la Russie des horreurs d'une guerre ciç^ile.

Il fait bien plus encore, pendant vingt ans il continue cette générosité. Fidèle yassal de ce Swiatopolk , qui n'a que huit cents guerriers potw sa garde, il vient sans cesse à son secours dans les guerres injustes et les combats imprudens où ce téméraire s'engage, en dépit de ses représentations et de ses reproches. En combattant pour ce suzerain , Vladimir perd dans les flots un frère chéri, qu'il veut en vain sauver aux dépens de sa propre vie; il perd jusqu'à son apanage de Tchemigof, que le méchant Oleg, son parent, réclamait comme son héritage , et qu'il lui arrache.

Cet Oleg ne veut se soumettre, ni à l'amovibilité des fiefs, ni au congrès de 1097, ^^ ^^^ princes répartissent entre eux les apanages; il a juré sur la croix de se contenter de son partage ; mais lui et David, son frère, en appellent encore aux Polovtzy. Ils ouvrent sans cesse la Russie à ces brigands; leur vie n'est qu'un enchaînement de trahisons.

Grâce à Finfluence du christianisme sur ces moeurs hyperboréennes , jusque-là, les discordes féodales des princes russes, aussi sanglantes qu'ailleurs , mais seulement du sang des batailles ,

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