CHAPITRE UI
n'avaient p^ été> comme chez les autres barbares ^ noircies du sang des forfaits. Depub près d'im siècle^ S^wiatopolk le fratricide paraissait comme un monstre isolé dans ces temps de discordes , dont il avait été l'horreur.
Cependant voici qu'à la fin du onzième siècle, cette détestable race dii traître Oleg, qui ne respecte rien, renouvelle ces monstruosités; son frère David 9 à qui la paix publique , rétablie par le congrès de 1097, est insupportable, ourdit une trame, calomnie Vladimir, et fait arracher les yeux à l'im de ses parens, dont il convoite l'apanage.
Mais ce crime, si commun en Grèce, était inoui en Russie: il la révolte. Un nouveau congrès de sea princes se rassemble sons une vaste tente, et c'est encore le génie de Vladimir Monomaque, qui y domine. Tu prétends Moirâ te plaindre^ disent-ils à David; te voilà assis sur un même tapis ai^ec tes frères. Parle y qui de nous o/ccuses-tu? Et David, déconcerté, se tait; et les princes sortent. Us montent à cheval; ils tiennent conseil tout armés, comme dans les circonstances alarmantes. Puis ils se séparent; chacun d'eux va consulter ses Boyards; et David, condamné , rejeté avec horreur, perd son apanage.
Toutefois, il reçoit de la pitié de ses parens quatre villes et quatre cents grivnes pour sa subsistance : tant ces descendans de Rurick respectaient leur sang, même le plus mauvais; tant le christia-
nisme les avait adoucis depuis Vladimir le grande qui supprima la peine de mort^ et Isiaslaf^ son petit-fils, qui Tabolit une seconde fois, laroslaf son père l'ayant rétablie.
Enfin, la mort du méchant Oleg, ce dernier congrès où brille l'influence de Monomaque , sa générosité, son active valeur, ont suspendu les dissensions civiles, et terminé de nouvelles guerres contre les Polonais et les Polovtzy. Pendant les trente-cinq ans de règne de Vsevolod et de Swiatopolk, Vladimir, qui a refusé le gouvernement de la Russie, en a été le génie tutélaire.
Mais alors , en 1 1 13 , Swiatopolk meurt, Kief se bouleverse, elle massacre ses Juifs, et Monomaque, à qui tous ont toujours recours dès que le besoin d'ordre et de justice se faij; sentir, est encore appelé au troue ; mais ce héros du devoir refuse encore le sceptre; il déclare que c'est au fils de son ennemi, a celtd du perfide Oleg, que l'ordre d'hérédité le destine.
Cependant, sa grande renommée, son âge, et les circonstances, l'emportent : un assentiment, une volonté unanime, et la révolte des Kiewiens, le contraignent à régner.
Car il est remarquable qu'il fut élu par une assemblée générale et solennelle des citoyens de Kief; ce qui toutefois n'établit pas les droits du peuple , rien n'étant fixe alors : un grand homme dérogeant et pouvant faire déroger à tout. D'ail-