‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 49 sur 359 · CHAPITRE ÏV · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÏV

a résisté daux £ùis k toutes les forces d'André , elle cède à sa politique ^ et la première y oomme la seconde capitale des Russes , en reconnaît une troi-r sième pour métropole.

André vient de triompher dans cette partie de sa double lutte; mais dans celle des apana^s^ la coutume^ appuyée sur de trop grands intérêts, lui résiste. Pour un seul Grand-prince dont l'în^ térét était de détruire ce système, une foule de princes tous souverains, en devaient vouloir la con-^ tinuation, et non seulement eux, mais encore leurs gardes , et tous ces Boyards , cette multitude d'aventuriei*s attachés à chacun des descendans de Rurick, et qui vivaient de cet usage et de tous ses vices.

Aussi, tous se révoltent. C'est vainement que les frères, que les neveux d'André, auxquels il refose des apanages, et qui en exigent, sont exilés , et for* ces de fuir jusqu'à Byzance, Le reste de la Russie,, partagé entre ses parens, l'emporte, Kief et Novgorod lui échappent; ses armées de cinquante mille^ hommea échouent devant une coutume invétérée t elle triomphe , et la politique d'André est forcée de se contenter d'im vain hpmmage.

Enfin, dans son pro^e patrimoine, qu'il veut du lacins maintenir entier et sans partage , cruellouent assassiné par les sfens, il ineurt haï et sans, ven^ance.

La chute de oe Grand-rprinee et de son système

d'ordre et de force, par la concentration du pou-^ voir, arriva en 1 1 74 î d'où il résulte que ce grand effort fut esKiyé trop tôt , ce que montre la résistance des moeurs; et trop tard, en le rapportant à l'invasion des Tatars , qui arriva cinquante-quatre ans après. Car, même en admettant une succession de princes habiles, et une suite d'efforts bien dirigés, un demi-siècle n'eût pas suffi pour rendre à la Russie , par la centralisation du pouvoir, toute la force dont elle était susceptible , et qui lui eût été indispensable. L'histoire entière prouve qu'une telle concentration de puissance dans un état féodal , et contre tant d'intérêts si forts et si opposés , fot toujours bien plus longue à établir.

Au reste,* bien loin de persévérer dans cette grande pensée, le premier successeur d'André vit froidement se morceler en apanages ce vaste domaine de Souzdal, devenu, par sa réunion instantanée dans une seule main, le noyau de l'empire. Le second, se laissa disputer la Grande-principauté, par l'un des princes qu'il avait apanages aux dépens de son propre domaine. Le troisième fit bien plus : il déclara naïvement, qu'il n'exigeait aucune soumission des princes apanages, et qu'ils ne devaient compte de leur conduite qu'à Dieu seul.

Ainsi, le résultat de ce troisième changement de capitale ftit de transporter dans le centre de la Russie la fureur des guerres civiles , le morcellement en apanages , et d'éloigner le centre du

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