CHAPITRE I
put compenser line si énorme disproportion de forces. Rubraquis % entoyé de Saint -Louis à Mangou -^ khan , n'en donne pas une moindre
D'autres causes donnèrent encore la supériorité aux Tatars. Chez les Gaulois, comme chez tous les barbares, c'était par des cris répétés de village en yillage que les riouvélles se transmettaient; elles arrivaient d'autant plus vite, que le pajs était plus peuplé. Eu Russie, où 1^ habitations étaient séparées par des déserts ^ ce genre de commtinication' était sans cessé interrompu, de façon que souvent un prince était stErpris par l'ennemi dans sa capitale; c'était là un grand avantage pour un as^illant
ijoars ][Srét et si rapide.
On peut encore penser que les Mongols^ si près des mines de Nertschings, et devenus tnaîtres de l'Oural et du Caucase, devaient avoir de meilleures armes que les Russes; aussi h!9 annalistes parlentils avec éSècoi des flèches longues et acérée^s de ces Tatars, de leurs énormes cimeterres, de leurs piques armées de crochets, et de ces t^ribles béliers qui renversèrent ^i un jour les murailles de Kkf , leur plus fotte ville.
' Ge moine, osa croire qu'il pourrait coÀvertir Mangou!; mais le khan loi répondit : Les Mongols n'ignorent pas <pi'il existe un Dieu, et ils l'aiment de tout leur cœur; il y a autant et plus de chemins pour arriver au sahlt, que vous n'ave2 de doigts aux mains; si Dieu vous a donné la Bible, il nous a donné les mages, etc.
Ce qu'il faut aussi se représenter, c'est la soudaine organisation de ces hordes errantes en divisions de dix mille hommes, régimens de mille hommes, compagnies de cent hommes, et escouades de dix hommes. Admirons encore ces réunions annuelles de tous les chefs devant Gengis, unique moyen de les connaître, de les contenir dans un certain ensemble, et de leur rappeler son autorité dans une si immense étendue; car c'est au milieu de ces déserts que toute la force du génie éclate; c'est là surtout qu'on sent tout ce que peut l'influence d'un seul homme sur tant d'hommes et d'événemens, en dépit même de la nature.
Le fanatisme s'en mêla : un prophète avait prédit à Gengis-khan , dans une de ces assemblées générales, qu'il serait maître de la terre. Remiarquons encore que chez ces Mongols, les trois grands délits étaient l'adultère, le sortilège et la lâcheté; et qu'enfin , des hommes qui avaient les passions si vives, qui étaient si ignorans, et qui.devaient.se faire tuer sous peine de mort, devaient être de terribles soldats.
D'ailleurs , il n'est pas bien surprenant que les Russes, désunis, aient succombé sous les Mongols, réunis auxTatars. Enfin, le génie de Gengis, l'essor qu'il fit prendre, la confiance qu'il laissa, l'exaltation produite par quarante années de victoires, sont des causes frappantes de succès.
Ces nomades poussèrent leur fortune jusqu'en