CHAPITRE IL g
Après lui et laropolk^ prince nul, cette première période nous montre enfin la plus grande gloire gothique de Tempire russe, sous Vladimirle-Grand, en 988, et son christianisme. Vient ensuite Swiatopolk, Sans ses fratricides et la première invasion des Polonais dans Kief, qu'il suscita, ce misérable passerait à peine aperçu entre son père le grand Vladimir, et son frère laroslaf le législateur, cinquième grand homme de cette dynastie, mais en qui finit, en io54j la première période glorieuse de cet empire.
Dans la seconde période, de io54 à i256, période de cent quatre-vingts années, toute de discordes et de déchirement intérieurs, Tempire se divise et se subdivise, comme une propriété particulière , entre les descendans de Rurick,
Au milieu d'une fotde de ces princes qui se disputent leurs apanages, et surtout le troue de Kief , on distingue à peine une suite non interrompue de dix-s^t princes suzerains , se succédant de frère en frère et d'oncle à neveu, jusqu'à l'obscur loury, tué par les Tatars en laSy.
Ce peuple de Grands-princes, rangé dans cet ordre bizarre de succession, n'oflSre que deux hommes remarquables, Vladimir Monomaque eu II 14, et André vers iiSy.
Le premier rendit a l'empire, un moment d'ensemble, par l'ascendant de sa valeur et de ses vertus, et malgré les eflbrts des Polovtzj, nomades du sud.
lo LIVRE I.
qu'il écrasa. Le second, abandonnant Kief , fit de Vladimir la capitale de Tempire. Sa politicpie l'élève au-dessus de ces temps de malheurs. Il est le seul qui parut apercevoir la cause de tant de discordes, et qui essaya de la détruire.
La troisième période s'ouvre en i^Sy, par l'asservissement de la Russie, résultat de ses dissensions intestines. Elle se prolonge deux cent vingttrois ans, jusqu'en 1460.
Les Tatars viennent de massacrer une multitude de princes russes, le Grand-prince, trois de ses fils, et leur mère ; mais deux frères du Grand-prince siu'viventj ils lui succèdent l'un après l'autre. L'ainé a cinq fils , qui se passent ou s'arrachent successivement le sceptre, ou le reçoivent des Tatars.
Le troisième, saint Alexandre Newsky, est un grand homme dans toutes les acceptions d'un si grand mot. C'est un héros vainqueur des chevaliers Porte-glaives , des Suédois , et même des Lithuaniens, qui accourent au bruit de la chute de l'empire russe ; c'est un martyr du dévoùment le plus patriotique, qui trois fois va jusqu'au fond de l'Asie, désarmer la colère tatare prête à écraser les restes de ses sujets imprudens et indociles.
Deux de ses fils, indignes de lui, se suivent sur le trône , après deux de leurs oncles. Mikhaïl de Twer, lem^ cousin, leur succède vers i3oo. Alors, commence une lutte de vingt-huit années.