CHAPITRE IL
toute de trahisons^ de bassesses et de perfidie, entre la branche des princes de Twer et celle des princes de Moscou. Mais en iSaS, la Grande-principauté reste à ceux-ci dans la main d'Iwan I", dît Kalita.
Ce prince est remarquable parce qu'en lui reconmoience, premièrement, la réunion des apanages à la Grande-principauté de Moscou, devenue capitale ; deuxièmement , le ralliement des princes apanages autour du Grand-prince; troisièmement, le rétablissement de la succession directe; enfin, un système de concentration de pouvoir, qui doit un jour relever l'empire russe , et en faire cette masse eflfrayante que nous voyons aujourd'hui.
Cette succession directe et ce système ne s'interrompront un instant, que pour renaître en i562 , dans le grand Dmitry Donskoy, premier vainqueur des Tatars, pour se transmettre à ses fils et petit-fils, les deux Vassili; enfin, pour produire, mi siècle après , en 1462 , l'autocratie incontestée d'Iwan IIL
C'est en 1462 , et dans ce grand Iwan, que commence la quatrième période russe; elle finira en 161 5, et n'aura duré que cent cinquante -trois ans.
Les républiques russes du nord et les Tatars succombent devant sa puissance, qu'il emploie toujours à propos, avec mesure, progressivement, et avec une machiavélique habileté. Peu à peu, la
chaîne dont les Tatars écrasaient les Riuses, a passé tout entière dans les mains de ce Grand-prince^ qui en enserre, les uns par les autres, les vainqueurs et les vaincus, l'étend sur tous , et reste seul maître absolu.
Son petit- fils I^an IV, grand dans le crime, pousse à l'excès la concentration de ce pouvoir, dans lequel tout s'engloutit, moeurs, moralité, patriotisme, et le peu de privilèges qu'avait, ou conservé ou acquis, la noblesse russe, sous Iwan III, en le servant contre les princes apanages, les républiques russes et les Tatars. Ce furieux tue jusqu'au seul de ses deux fils capable de supporter cette lourde couronne : aussi passe-t-elle, dès sou successeur, sur la tête du descendant d'un Tatar, son perfide ministre, qu'elle écrase, ainsi que tous ceux des Russes, Polonais ou Suédois qui osent s'en saisir ou y prétendre après lui.
Ce despotisme insensé s'est donc tué lui-même. Il a livré l'état démoralisé aux invasions de l'Occident, de même que la discorde l'avait, trois siècles et demi plus tôt, ouvert à celles de l'Orient. Ce résultat pareil de deux excès opposés, dure quinze ans; et l'Empire en dissolution sem^ble devoir finir avec sa quatrième période.
Mais alors , Télection d'une nouvelle dynastie le renouvelle : les Romanof montent au trône en i6i5. Avec eux commence la cinquième grande période de l'histoire russe; c'est la plus édatante :