‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 74 sur 359 · CHAPITRE VIII. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. i

Nous verrons , dans la période suivante , cette longévité aller, ainsi qâe le pouvoir , en s'accroissant dans leurs successeurs Iwan-^le-Grand^ Vassili et Iwan-le^Terrible, dont les règnes fiu*ent de qua»rante-trois^ vingt^buit et quarante^neuf ans.

Aussi, quand vint le règne de Vassili Vassilievitch, dernier prince de cette troisiàne période, était-on déjk si accoutumé à ne reconnaître pour Grand-prince, que le fils aine du Grand-prince, que ce Vassili succéda à son père à dix ans, et que, détrôné plusieurs fois, l'habitude du respect et de la fidélité le replaça toujours sur le trône. Après de si longs règnes, les droits du souverain étaient marqués, la route tracée à son successeur, les habitudes de ses sujets prises.

Toutefois, à la naissance de ce Vassili Vassilicr* yitch, on crut un miracle utile pour mieux cons^ taler son droit au trône de son père. C'est pourquoi une voix du ciel proclama Grand-prince ce prince nouveau^né. Mais il semble que cette précaution fut surabondante : le premier événement de ce règne en est la preuve ; il est unique dans l'histoire.

loury, l'oncle de ce jeune souverain , s'appuyant encore sur l'ancien ordre de succession , réclame la suzeraineté. Une excommunication du métropolite, d'abord dédaignée, mais qu'une peste in^t-*^ tendue rend efficace, suspend ses prétentions , qui renaissent à mesure que la contagion diminue; et bientôt Vtssili et son oneU vont disputer leurs

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droits devant la horde; mais l'aveugle khan tell^netit domiiié par l'habileté de» bojards £ chés au Grand-prince y et entraîné par le moi ment général , qu'il se déclare pour l'héritier dii le décharge de tout tribut envers la horde , et ^ même que l'oncle tienne la bride du cheval de neveu 9 à l'entrée de celui-^i dans sa capitale. I l'ambitieux loury en appelle aux armes; Mosc surprise, tombe entre ses mains, et son ne Vassili est relégué dans un apanage.

Ne semble-t-il pas que voilà la succession dir encore renversée; qu'il faudra- une guerre Ion et ftffîeuse pour la rétablir? Non , les moeurs s ront ; le respect pour l'ordre direct , cette couti fondée sur l'intérêt de tous, et déjà sur quai vingts ans de durée, va l'emporter; et cela , en de jours, sans qu'un seul glaive soit tiré ni goutte de sang répandue. L'opinion, désarm plus forte qu'uni vainqueur, vaincra sa victoi prêtres , peuple , grands , tous la désavouent ; to jusqu'aux propres fils de l'usurpateur, se retir de lui. La grande Moscou entière suit dans son * l'héritier direct ; le vainqueur, confondu , deme seul, et vaincu par ce terrible isolement, il c cend de son trône solitaire , qu'il rend à l'héri légitime.

Cependant, les fautes de Vassili le précipiter encore deux fois du trône, d'abord dans les fers Tatars, puis dans ceux du fils d'Ioury, qui

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