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CHAPITRE VIII

Telle fut la marche politique de ces Grandsprinces depuis Iwan Kalita.

Cependant, en i SgS, l'État est plus que jamais en danger d'être anéanti sans retour, et ces princes de Moscou, tout fiers qu'ils puissent être de leur machiavélique habileté, vont être forcés de rendre hommage à la fortune russe, du salut de leuï* empire.

A sa droite et à sa gauche, deux conquérans s'élèvent à la fois. Us semblent prêts à 'la dévorer. A l'est, c'est Tamerlan; à l'ouest, c'est Vitovt le Lithuanien. Déjà l'un, avec ses quatre cent mille guerriers, a dompté le Kaptchak rebelle; il touche à la firontière russe : déjà l'autre est à Kalougha, à Viazma; il a surpris Smolenëk , gagné Nov*gorod; et la Moscovie, tremblante, s'attend à être écrasée entre ces deux colosses, quand tout à coup, tous deux se détournent, descendent vers le sud, s'y rencontrent et s'entrechoquent. La Russie, qu'ils resserraient étroitement, respire; elle se relève étonnée; elle voit à sa gauche Vitovt, son oppresseur d'Europe, abattu devant Koutlouï, lieutenant de Tamerlan. Elle détourne vers l'orient vainqueur ses regards encore effrayés; mais le terrible Mongol a disparu dans les profondeurs de

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l'Asie ; il semble n'être apparu que pour portei Kaptchak Ifebelle, à cette horde engraissée du j et de l'or russe, un coup mortel. C'est ainsi qi discorde, passant des Russes aux Tatars, pré] au nord de l'Europe sur l'Asie , un triomphe ( on ne peut prévoir le terme.

En même temps , et par nx\ bonhem* aussi gr^ après Jagellon et Vitovt , la Lithuanie et la logne s'entre-battent : ces autres ennemis de la ] sie s'entre-déchirent; comme les Tatars, ils s'é sent : leurs dynasties stériles s'interrompent; démocratie de nobles l'emporte ; et le scepti redevient de plus en plus électif; tandis que c des Grands-princes russes , malgré les fautes de sili-l' Aveugle , fils de Vassili, s'ienracine par droit divin , par sa succession directe , et s'élèv plus en plus par de si longs règnes.

Cette longévité des Grands-princes moscoi est une autre cause très remarquable du prodigi aceroissemeni de leur pouvoir. Ce n'est pas à nsiècle qu'il est besoin de dire , pourquoi la longi des premiers règnes d'une dynastie est indispens; à l'établissiement de sa puissance. Remarquons propos ceux d'Iwan Kalita et de ses descendans rects, Siméon-le-Superbe, Dmitry Donskoï, ^ sili son fils , et Vassili Vassilievitch son petit-! ils ont été de treize , dix-sept, vingt-sept, trente et trente -sept années ; c'en fiit assez pour for l'autorité suzeraine des Grands-princes de Mosc

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