‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 9 sur 359 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'esquisse de cette masse d'histoire ainsi donnée, entrons dans ses principaux détails; et, sans nous arrêter à l'origine presque diluvienne qu'on donne à ces peuples, sans répéter les noms de Japhet, de Rouss, de Slavan et de Schyte, dont on suppose que les Russes, les Slaves et les Scythes sont descendus , disons que les habitans le plus anciennement connus de la Russie d'Europe furent , au midi, les Scythes; au centre, les Slaves; au nord, les Finois. Convenons qu'on ignore leur première origine; mais que poiu» les Varègues russes, tout porte à les croire Normands, (i)

L'histoire des uns et des autres, jusqu'à Rurick, est au moins douteuse (2) ; tout ce qu'on y peut entrevoir, c'est que jusqu'au neuvième siècle , de grands . débordemens successifs et opposés, ceux de l'Asie centrale et de la Scandinavie , avaient souvent inondé cette grande surface qu'occupe aujom-d'hui la Russie européenne. Cependant, à en juger par la dernière irruption tatare, avant 860 , celle des Kosars , il semble que les invasions asiatiques ne s'étaient guère élevées, vers le nord , au-delà des lieux où sont aujourd'hui Kief et Kalougha.

(i) (2) Voyez ces deux Notes à la fin du volume.

i6 LIVRE I.

Quant aux irruptions normandes , et à l'exception de celle d'Amala, roi des Goths et fils des dieux, qui, vers aSo, entraîna contre l'empire romain tous les Slaves des pays compris entre la Finlande et le Borysthène, elles paraissent s'être écoulées à main droite , vers le sud-ouest ; en sorte que depuis l'Ocka et le haut Dnieper jusqu'à la Baltique, toutes les peuplades slaves et finoisesqui habitaient entre ces deux débordemens, le centre et le nord de la Russie d'Europe, avaient pu y vivre en repos, s'y multiplier, et déjà même, comme Novgorod la grande, s'y enrichir par un commerce assez étendu.

Mais pour terminer ce coup d'œil, jeté en passant au travers des obscurités de l'histoire de la Russie antique, laissons parler une vieille chronique; et, quoique sans doute elle ne s'appuie que sur des traditions orales et des chants anciens , écoutons quelques accens de cette voix qui sort à peu près seule du milieu de ces ténèbres.

« En ce temps-là, dit-elle (c'était au neuvièl^e (( siècle), un esprit d'indépendance agitait la grande « ville; Novgorod y perdit sa suprématie; l'em- « pire, son ensemble. Les Varègues russes descente dirent du nord avec la guerre, et la grande ville, (c vaincue , fut tributaire.

« Alors le désordre fut grand; mais les peuples « battus par les Ugriens, affaiblis par la contagion , « opprimés par les Varègues, vinrent à Gostomïelz^

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