‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 10 sur 359 · CHAPITRE IIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ

(( descendant àê leurs andens chefs , pour qu'il les « commandât. La guerre fiit heureuse aux Slaves; « le prince varègue épousa Umila y fille de Gostou mïelz; il Temmena en Finlande; elle fot la mère H du grand Rurick.

« Gostomïelz fut un chef sage ; sa réputation atti- (V rait des contrées les plus éloignées , une foule de ec prince» qui venaient, par terre et par mer, de- (c mander ses conseils et s'instruire près de lui. « Le t^nps vint qu'il assembla les anciens des naît tionsf; ceux des Slaves, des Russes, Tchoudes, u Mériens, Krivitches, Dragwischiens et Mouro^ «c mi^is, et qu'il leur dit: Je ne vois point d'union « entre vous; vous voulez vous gouverner vous^ « mêmes y mais ce sont vos passions qui vous « gouvernent/ la grande Novgorod périra si vous « ne choisissez pas des princes dignes de vous H conduire. Mes trois fils sont morts , et vous « ri avez de salut que dans mes neveux les princes « varèguesy Rurick ^ Cinaf^ et Trouvor.

i< U parla ainsi et mourut. Les principaux ci** (I tôyens , suivant ses conseils , allèrent vers les « trois princes varègue»* Notre pays est grand et M fertile, dirent'-ils, maû il estsmis ordre; venez w le gouverner d'après nos lois.

« Les princes hésitèrent, car ils connaissaient « l'orgueil et le dérèglement de Novgorod. » Ils

* Ou Sineous.

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s'établirent cependant à Ladoga ^Biel-o-Zéi^ et Isbork; ce ne fut que trois ans après, en 864 seulement , et depuis la mort de ses deux fi^ères , que Rurick vint s'établir à Novgorod.

On a cru devoir laisser au récit qu'on vient de lire, sa couleur primitive; il est cité par les uns, et décrédité , dans plusieurs de ses parties , par les autres. Ce qui est sûr, c'est qu'alors Novgorod était si puissante qu'on disait d'elle : Qui oserait s'attaquer à Dieu et à Novgorod la grande ?

On sait aussi que déjà le commerce de Novgorod s'étendait en Perse, jusqu'aux Indes mêmes, et de Byzance à Winettes, ville slave très commerçante de l'embouchure de l'Oder. On sait encore que, vers le milieu du neuvième siècle, l'anarchie y naquît, ou de l'abus de la liberté, ou de l'orgueil de la richesse.

Dans cet état de choses, un fait géographique dut attirer la guerre sur Novgoi»d. Son commerce le plus actif se faisait par la Baltique; il passait au milieu des Varègues russes, guerriers Scandinaves, alors maîtres de cette mer. Il fallait donc obtenir ce passage par un tribut ou par la force : on se battit , et les Novgorodiens furent tributaires.

Remarquons ici cette position des trois princes russes dans Ladoga, Biel-o-Zéro et Isbork, autour de la commerçante Novgorod, dont ils occupaient ainsi tous les débouchés. Plutôt que d'abandonner

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