CHAPITRE VI
Au milieu de ce bouleversement. Sylvestre, un moine, un de ces inspirés qui parcouraient alors la Russie , et osaient , comme les prophètes juifs , - ou comme les derviches , s’attaquer même aux souverains , apparaît au jeune despote épouvanté. 11 s’approche, l’Évangile à la main, l’œil menaçant, le doigt levé, et d’une voix solennelle, dans ces flammes y ce sang, ces cris furieux, dans ces membres de ses parens déchirés , il lui montre le courroux du ciel, que ses passions ont enfin allumé. Il joint à ces menaces effrayantes l’infaillible effet de certaines apparitions alors surnaturelles; et par là, ébranlant fortement cette âme faible, il s’en empare.
Alexis Adascheff le seconde ; tous les deux environnent le jeune tyran de prêtres et de boyards sages et habiles ; et soutenus par la jeune et vertueuse Anastasie, sa première et nouvelle épouse, pendant treize ans ils font jouir la Russie d’un bonheur inespéré.
Tout alors s’apaise et s’ordonne; l’armée est i-égularisée; les strélitz, milice permanente de fusiliers, sont créés; sept mille Allemands soldés et entretenus ; une répartition plus juste , plus égale de fiefs^ militaires, de service et de contingent de , guerre, est accomplie; tous les propriétaires de terres quelconques , comportant trois cents livres pesant de semence de blé , sont soumis à fournir un cavalier tout armé , oit son évaluation en ar-
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