CHAPITRE VI. tc
placent , et le prince Belsky qu’ils égorgent. Iwan les implore , ils dédaignent ses prières qu’ils couvrent de leurs vociférations ; s’il ordonne , ils se plaisent à désobéir j s’ils lui voient regretter sa mère, jadis leur victime, leurs motperies tournent en ridicule sa piété filiale. Son jeune cœur s’ouvre-t-il aux douces et vives amitiés de l’enfance, ils le déchirent, ils en arrachent l’innocent objet. Au milieu d’un conseil, ils apostrophent grossièrement Vorontzof, ({ui leur fait ombrage; ils se précipitent sur lui comme des forcenés , l’accablent de coups, et déchirent avec leurs pieds les vétemens du métropolite, qui, touché des supplications du Grand-prince, les implore pour le jeune boyard qu’ils veulent immoler.
C’est au travers de ces horreurs qu’Iwan atteint enfin sa quatorzième année. La scène change alors, mais seulement de personnages. Les Glinsky, pareils d’Iwan , ont préparé cette révolution de cour. Tout k coup, au milieu d’une cliassc, une pai’ole de colère qu’ils ont dictée au Grand-prince fouilroie l’insolent Schouïsky, et tous se ruant aussitôt sur ce boyard, le saisissent et le jettent aux chiens «pi le dévorent.
Mais sa tyrannie lui survit; elle continue au nom du prince. Les Glinsky le poussent k leur tête dans cette voie de sang et de pillage. Ils le laissent abuser de sa liberté nouvelle. Il la prodigue dans un vagabondage sans motif, au traverf de ses pro- II' ÉniT. 1 3
vinces forcées à le défrayer, jpi’il mine de sa di.spendiense présence, et qu’il étonne de ses caprices. Là , ses indignes païens le poussent à punir sans raison, à récotnpenser sans mesure, assouvissant les Uns de ce ipi’il confisque aux autres. Ils lui apprennent h ne se croire maître rpie lorscpi’il frappe , (piand il fait lorlni-er à ses yeux les supplians dont la prière l’importune.
Les infiimcs se sen ent de sa jeune main pour massaertr leurs ennemis. Leur lâche complai.sance applaudit à se.s jeux cruels, quand il .se plaît h torturer les animaux sauvages, à précipiter du haut de S.1 demeure les animaux domestiques ; enfin à renverser les vieillards, à écraser -sous les pieds de ses chevaux les femmes et les enfans de INIoscou , dans scs courses désordonnées.
Ces houilloiluemens , cette fermentation de l’effervcscente jeunesse d’uii tyran, duraient depuis trois années, cpiand un jour il se réveille environné dans Moscou des feux d’un horrible incendie et des clamcuj’.s de la révolte.
Ivvan n’a que dix-sept ans. La terreur a été la première sensation de son enfance; long-temps oppressée de son poids , sa première jeunesse vient de sc plaû’C h s’en débarrasser sur tout son peuple; et voilà cette terreur qui rejaillit sur lui de toutes parts en brandons enflammés, en cris menaçaiis, et avec le sang des Clinsky , fpie le peuple furieux vient de méttre en pièces.
Dnit’zetttt'CoogIc