‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 117 sur 332 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

C’est ainsi fpie tout , dans l’histoire russe, nous ramène à Thistoire du despotisme.

Par une honible conséquence du principe de cet odieux gouvernement, il s’établit tpie tous les individus d’une famille devaient être enveloppés dans le supplice d’un seul de ses membres.

Par une autre conséquence , tout sujet <|ui dépassait les frontières, devenait un traître qui osait se mettre hors de la portée du’prince, eu dehors de cette terreur, principe nnifpie dti gouvernement; c’était mi esclave fugitif, un réfractaire I C’était bien plus encore ; sortir de eette^ tei;re sainte, n’était-ce pas mantpier à son Dieu, puisque alors on respirait l’infection de ces religions ennemies, dont le sol sacré de la Russie éUtit environné, et fpi’on allait se mêler à ces mécréans, dont le seul attouchement était une souillure ? -

La superstition religieuse et ceUe du pouvoir étaient donc l’opinion publique d’alors; elle poussait dans le despotismO'tuus ceux qui amaient’ voulu en sortir; il n’y a^ait pas d’asile coîitre fui; . il était pai tout. Un père était tout aus^ despote^ tlaiis sa inaison.de bois que le Cear dans l’emp*-#.' . C’était ùne chaîne générale; et dugrand«an pbtit j.

de l'aienl à ses derniers enfans, »in enchaînement universel de despotes et d’esclaves.

Eu eflet, il y avait une loi qui permettait aux pères de battre de verges leurs enfans, et de les’ vendre fpiatre fois. Les fils étaient donc esclaves de leurs pères. On naissait esclave; l’esclavage se montrait partout. Les feihmes russes étaient esclaves plus fpi'en Asie, d’un esclavage moins resserré sans doute, mais plus barbare; aucune loi ne les protégeait contre les violences de leiirs maris, qui, tels que des sauvages, exerçaient souvent sur elles le droit du plus fort, au gré de leur «;aractère, de leurs passions ou de leiu- ivresse.

On retrouve dans les lois russes d’alors, contre celles rpii tuaient lem-s maris, la même cruauté (pie dans les lois des Romains contre ceux de leurs esclaves qui-^avaient tué leurs maîtres. Une position pareill(=' avait amené des précautions semblables,

IJe l’esclavage des fi'nuncs, on doit inférer celui des hommcîs; car 1 esclavage d’un sexe suppose celui de l’autre.

Une autre loi autorisait a se vendre soi-même.

Il fallut bien que tous ceux (pii furent ruines par la guen-e civile et par les Tatars, se vendissent {Mur vivre. Cependant, cette loi, en prouvant l’esclavage, prouve une sorte de liberté; car il fallait bien avoir sa liberté pour en pouvoir ainsi disposer.

■ Ah', si 1 on nous disait ; 11 (acistc un pays où les

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