‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 116 sur 332 · LIVRE V. — CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE

nnliuii si neuve encore. On la trouve dans lu grossièreté de ses usages; et c’est ici <[ue le rapprochement d’une extrême civilisation à une extrême bai’barie se fait vivement sentir. Quand on voit l’adultère, l’inceste, le sodomisme, tristes résultats de la mollesse , du luxe et des imaginations dépravées de nos vieilles capitales , exister de mêin<; dans ces tanières enfumées, où, pendant de si longues nuits, étaient entassées pêle-mêle des familles entières , on s’indigne sans s’étonner.

11 n’existait donc pas de société, du moins comme nous l’entendons, puis([ue les femmes, (pii en font le lien, en étaient bannies. Pourtant, comme on ne savait ni lire ni écrire, il fallait bien se communifpu^r de vive voix. On.se rassemblait donc tous les jotu's à midi sur les places publicpies : c’était là que les allàires se traitaient, que les nouvelles se transmettaient , et (jue s’achevait l’éducation de la jeunesse. Mais la tyrannie inquiète d’Iwau.IV détruisit encore cette coutume : il glissa des délateurs entre tous ces liens. Avant le règne de ce furieux , les Russes disaient : Si je manque à ma parole, qu’il m’en arrive honte. Et le monstre éteignit ce qui restait de ce grossiei’ honneur des premiers temps..

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