‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 154 sur 332 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les grands eux-mémes ont refusé la coui’onne à l’imbécillité dTwan , second fils d’Alexis ; ils l’ont donnée ' à Pierre son frère d’un second lit.

Toutefois , ce n’est point par une pente si douce que le sort conduit les grands hommes; le malheur réclame l’enfance de celui-ci. A l’aide d’une ré- ' volte des sti élitz , Sophie sa sœur, mais du même * lit qu’Iwan , fait rendre à cet Iwan un sceptre «qu’elle espère tenir avec son favori Golitzin, pendant l’éternelle enfance de ce prince imbécille.

Pierre n’a que dix ans, et déjà il semble être *■ perdu pour la Russie : la sédition avec toutes ses fureurs l’en\ironne. Sa mère n’a pu d’abord l’eu préserver qu’en l’emportant dans ses bras pendant soixante verstes*; mais les strélitz", révol- . tés , suivent sa trace. Déjà , elle peut entendre . leui's hurlemens et le bruit de leurs pas, qùi se - rapprochent; enfin, ils se précipitent, après elle.

* ' pour l’arénement de Piençe-ldiGif nd, Stcherbatof, Muller,

Plicophane. — Les notes savantes fle MM, Peppingj et Lévesque, que Leclerc contredit, mais sans citer d’autorités' spifisaates.

’ Stltéldin.

LIVRE VU. — CHAPITRE 1. ayi »lans le couvent de la Trinité. L’infortunée, éper- <lue, s’est réfugiée au pied de l’autel, sur lequel elle a placé son fils; mais lé sanctuaire est violé, la victime aperçue par deux strélitz t et doublement sacrilège , l’un d’eux saisit le prince, lève son glaive; et cette tête, qui portait en elle le germe de la gloire des Russes, allait tomber, quand une hésitation d’un instant change tout. Des cavaliers paraissent , ils accoiirent ; et , pour cette fois encore , Pierre est sauvé.

Cependant , les boyards , qui l’avaient élu , ont été proscriu , sa famille maternelle vient d’être massacrée ; les strélitz seuls semblent avoir tout conçu, tout exécuté. Mais Sophie, cp’ils ont nom- * mée régente, a recueilli le fruit du meurtre ; elle s’est entourée des meurtriers; elle les a récompensés avec les biens de leurs victimes.

Toutefois, ces dangereux alliés n’ont point déposé entre ses mains leur pouvoir révolutionnaire. Après avoir satisfait leur classe en déchirant les contrats des hommes à gages avec les seigneurs , ili (œt placé des surveillans près de Sophie; et, comme tous ceux qui donnent des trônes , ces janisseires laisses veulent qu’on ne règne que pour eux- seuls.

Cette honte' dure; ou voit pendant trois ans, dans l’ambitieuse Sophie comme dans tant d’autres ambiVieux, la plui' fièrent orgueilleuse des passions, eu être -la plus servile. Enfin, eHe secoue œ joug

infâme, se venge des plus audacieux, et pardonne aux autres , soit à cause de leur nombre , soit comme à d’anciens compbces.

Alors les Tatars ont été repoussés, les Turcs contenus ; et , pour prix de ce dernier effort , combiné avec l’Autriche et la Pologne, celle-ci renonce aux provinces lithuaniennes, reconquises par Alexis.

Mais cette habileté de Sophie et de son ministi'e ne légitime pas leur usurpation sur le génie naissant qu’ils veulent en vain étoufFer : principe indesti-uctible , force insurmontable , Dieu vivant dans l’homme, et que des elforts humains ne peuvent

• alteindi’e. Aussi , ne sont-ils parvenus qu’à altérer

la santé , à corrompre les mœurs du jeune czair; et il n’a pas plus été en leur pouvoir de lui ôter son gland caractère, rpi’il ne leur eût été possible de le lui donner. ' . ' " < '

Dès 1684 , ils conduisent à l’autel l’imbécille Iwan, pour tfue la naissance d’un héritier du ti'ÔHC en éloigne à jamais son frère, et prolonge indéliniment leur récence. ' ^ 4^ ’ .

^ En même temps, l’enfance de Picfre-ler^OiWod'

* est reléguée dans un village. Le géuéi-al Ménésius\ savanb, écossais , auquel Aléxis avait, TOjifié son édiication , ne voulant pas le Irahû^ iui.cst arraché. On abandonno ses premières impression» à de sales

JÜassville.

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