‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 16 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

autorité paraisse souIFrir de cette absence et de ce changement de religion. L’autocratie de Vladimir, son petit-fils , est encore bien plus remarcpiable. On verra enfin laroslaf donner un code qui commence par ces mots ' : Voici vos lois, telle est nia volonté. La légitimité despotique d’une seule famille sur le trône russe, était donc alors fortement empreinte dans les moeurs de ces barbares du Nord.

Ajoutez à cette raison de leur force par leur ensemble , tpie leur religion était toute guerrière ; rpi’ils s’entretuaient plutôt que de se rcndi-e , persuadés cpi’un prisonnier était esclave de son vainj> queur, non seulement dans ce monde-ci , inais dans l’autre; qu’ enfin, à cette époque, soit que leur population se fût refaite et les gênât , soit souvenii’ des anciennes et heureuses irruptions de leurs aïeux, soit excitation produite par une circonstance particulièi’e, le génie des conquêtes enflammait leur imagination. La cupidité et l’ambition de ces Normands ne furent jamais plus entreprenantes. Ce fut un débordement; il leur fallut à tous, du butin, des fiefs, des serfs , soit en Allemagne , soit dans cette partie de la France qu’ils ont appelée Noi-mandie , soit dans la Grande-Bretagne , par eux nommée Angleterre, soit enfin dans cette grande Slavonie , qu’ils ont faite nisse.

* y. Lecirrc. ' . - ••

Une autre raison toute matérielle du prompt développement de cet empire et de la supériorité des Varègues russes sur les Slaves, se trouve dans plusieurs auteurs anciens et modernes. Ammien et Pausanias disent que les Scythes et les Sarmates n’avaient point de fer à leurs armes; et Gibbon assure que les Esthoniens furent vaincus par les Goths, parce qu’ils n’avaient que des massues et point de fer pour se défendre. Malte-Brun ajoute qtie les Varègues, annés de bonnes cuirasses et d’épées tranchantes , soumirent sans peine les Slaves, (pii n’étaient couverts cpie de boucliers de bois. Les mines de fer de la Suède purent donc être une cause des complètes des Varègues ses habitans , comme les premières coiupiêtes des Turcs, tinrent aux armes (pi’ils se forgèi-ent dans l’Altaï pendant leur esclavage.

On sait , d’ailleurs , que ces Varègues étaient fantassins. Karamsin les montre, dès Swiatoslaf, couverts de cascpies, de cuirasses, de brassards; il dit (pi’ils avaient une tacti(pie , et se gai-daient régidièrement par des avant-postes; (ju’ils marchaient en bataillons serrés, s’exerçaient à des manoeuvres; (pie leurs camps étaient entourés de palissades , de fossés, de pièges même, comme ceux des Noi-mands en France, et (pi’ils y soutenaient des sièges. On sait encore (pie leurs princes avaient une garde pennanentc entretenue ou soldée , (pi’on pourrait appeler noble , où l’on était

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