CHAPITRE III
doit être son alliée, et déjà il se déclare l’appni du prince saxon cpii va la gotiverner.
Hamlïotirg, la Hollande, l’Angleterre, se disputent l’estime d’un monarcpie , dont leui’ commerce est avide d’exploiter les possessions; mais hii, au travers de ces repoussemens de la Suède et de ces réceptions triomphales du reste du Nord , marche < à son but sans se distraire. Au milieu de ces nations si supéi’ieures en lumières , simple comme la vraie grandeur, il ne dédaigne rien ; à ses yeux la science utile égalise tout. Il pmid , du même air, les leçons des rois et celles des artisans , élevant à lui toutes ' les utilités , toutes les supériorités , de quehpie part, tpi’elles viennent ; et , se montrant ainsi , sans le vouloir, et par la seule force de son caractère , audessus des préjugés, non seulement de sa nation, dont il veut être l’exemple , mais aussi des nations rpi’il prend pour, modèles.
Pendant dix-sept mois, l’Allemagne, la Hollande, l’Angleterre, l’Autriche, virent’ un jeune barbare de vingt-cinq ans , qu'une sœur perfide'avait livré, dès l’àge le plus tendi-e, aux plus violentes passions ; aimant le vin , les femra(*s , le commandement , (piitler son troué absolu , une guerre heureusfement commencée , etjîette foide de .séductions (jui as,siégent le pouvoir; pour aller, le compas, la hache , le scalpel à la main , dans leurs manufactures , leurs ateliers , leurs hôpitaux , étudier pratiquement les splences, tpie seul^au milieu de ses
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peiipifa, il a jugées indispensable.s a leur prospérité,
à leur gloire, à leur iudépeudance.
L’étude et les soins de la politicpie , les guerres cpi’il fait continuer, celle qu’il prépare, ne le détournent pas de ce travail obscur et pénible; il y est soutenu par l’importance de son entreprise, et sans ({ue la grandeur et l’éclat d’un but cpii brille sans cesse à ses yeux , lui donnent alors trop de précipitation poui* l’atteindre.
, C’était encore un de ces hommes du gi-and siècle,
' de ce siècle plus grand cpie tous les autres , parce ‘ qu’il fut consciencieux , parce que tout y fut plus vrai , et que beaucoup y songèrent sm'tout à être ' franchement et entièrement ce que , depuis , ou eut surtout hâte de vmdoir paraître.
Eu même temps , Pierre a entraîné ou poussé hors de la Moscovie, et vers les lumières européennes, tpiatre cents jetmes Russes ; il y ramènera lui-même, sept cents étrangers habiles dans les arts . et les sciences’ lés plus nécessaii-es à son empire; d’autres encore y seront sans cesso attirés.
Et qu’on ne ctuie pas que ce soit un œil de . barbare, ébloui soudainement par la civilisation du ‘ grand siècle de-Lôuis XIV, qui va se perdre ainsi dans ses détails. Pierre a entrepris de réédifier et d’instruire une société di^fjuinze millions d’hommes roidis de pi'éjugés, de .superstition et d’habitudes grossièï«Ps. Ce n’e.st pas seulement ses sujets qu’il veut civiliser, c’e.st -encore, et tout à^la fois, le sol